‹ La vie économique, questions essentiellesChapitre 12 sur 45 · INTÉRÊT. — USURE · texte numérisé non relu

INTÉRÊT. — USURE

marclio i\nv nous ((tiicliiniis lilntiiiciil nous parait avaulag-eux à l'un l'onuue à l'aulio. »

Il peut arriver, ol il arrive. luallieureusenieiit, (|u»' nous nous trotni>ions ou (jue nous nous laissions tromper, <|u'au lieu de faire équitaldeinent et raisonnablenjent ra])préeialion «lu service rendu et de ce qu'il coûte, le prêteur fasse un placement onéreux ou à perte, ou l'emprunteur une opération ruineuse; celui-ci peut tromper celui-là ou récipnxiuenient. Mais en elle-même, et si elle est conclue librement par des êtres majeurs, l'opération est non seulement légitime, mais favorable au bon emploi des forces et des ressources ([ui ont besoin de se rencontrer. Le mot usure, dans son sens primitif, n'est que la constatation d'un fait inévitable, la détérioration des cboses au profit de celui qui s'en sert, et le devoir de tenir compte de cette détérioration à celui qui en concède l'usage. Le taux (le l'intérêt est <iiscutable : il peut être raisonnable ou injustifié, léger ou lourd. C'est atfaire à examiner jwur cbaque cas. Mais en soi-même la légitimité de l'intérêt est indiscutable : et prétendre interdire toute rémunération du prêt, que ce soit prêt d'argent ou prêt des choses diverses que représente et procure l'ai'geut, ce serait interdire tout prêt et priver les uns de toute facilité à profiter de ce que possèdent les autres, et ceux-ci de tout avantage à avoir travaillé, produit et épargné.

« Soit, » dit-on parfois, « on comprend très bien que si j'emprunte à mon voisin une voiture, un outil dont il aurait pu se servir, du grain qu'il allait semer et qui lui aurait fourni une récolte, je doive lui tenir compte du service qu'il me rend et l'indemniser à la fois de la privation qu'il consent en ma faveur et du risque qu'il peut courir de n'être pas intégralement remboursé. Aussi n'a-t-on jamais interdit de se faire payer ce genre de service. Mais s'il s'agit d'argent, c'est autre chose. Il ne s'use pas l'argent. Et si l'emprunteur rend au prêteur exactement la même somme, la quantité de métal blanc ou jaune qu'il a reçue, que peut prétendre de plus ce prêteur? »

D'abord, vous faites une supposition qui ne se réalisera peutêtre pas, celle de la restitution intégrale de la somme prêtée. Or, que ce soit sans mauvaise intention ou non, par un emploi malheureux de la somme empruntée, par la mort ou l'insolvabilité du débiteur, il peut arriver, et il arrive tous les jours, qu'une partie des emprunteurs ne remboursent pas leurs prêteurs, tout comme il arrive qu'une partie des navires envoyés au loin fassent naufrage, et qu'une certaine proportion des immeubles existants soient détruits par l'incendie. On ne peut

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