LE COMMERCE
jciuc la l'oinéilie ou je iloiinc îles coiieerl,s ; je suis professeur, fiillivaleur, boulanjjer. ou portefaix; je vis de mes rentes, en lin. et je me targue de vivre noblement, sans rien faire : c'est toujours à faire payer nia peine, mes talents, mes j)roduits ou l'usage de ce (jue je possède que je vise ; et mon Imt, en le faisant, est de pouvoir payer, pour en jouir, la peine, les talents, les proiluits ou l'usage des biens des autres. Vente et aeliat. échange de services, commerce, commerce partout et pour tout.
La société, considérée au point de vue matériel, n'est pas autre chose: et l'essentiel c'est que cet échange soit honnête, valeur pour valeur: ce qui ne peut se réaliser que s'il est libre, chacun, à sa fai^'on. et selon ses besoins et ses goûts, appréciant l'importance de la privation à laquelle il consent et celle de l'avantage qu'il se procure.
Utile, donc, ce commerce décrié, utile et honorable. Ce n'est pas assez dire, noble et grandiose parfois, jusqu'à devenir l'un des agents les plus puissants et les plus sûrs de l'ordre et de la paix. Ecoutons ce qu'en disait, au xyiii*^ siècle, dans sa comédie Le Philosophe sans le savoir, le bon et aimable Sedaine :
« Quel état, mon fils, que celui d'un homme qui d'un trait de plume se fait obéir d'un bout de l'univers à l'autre! Son nom, son seing n'a pas besoin, comme la monnaie d'un souverain, que la valeur du métal serve de caution à l'empreinte, sa personne a tout fait : il a signé, cela suffit.... » « Ce n'est pas une seule nation qu'il sert : il les sert toutes et en est servi : c'est l'homme de l'univers.... » « Quelques particuliers audacieux font armer les rois, la guerre s'allume, tout s'embrase, l'Europe est divisée : mais le négociant anglais, hollandais, russe ou chinois n'en est pas moins l'ami de mon cœur. Nous sommes sur la superficie de la terre autant de fils de soie qui lient ensemble les nations et les ramènent à la paix par la nécessité du commerce. Voilà, mon fils, ce que c'est qu'un honnête négociant.... "
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