‹ La vie économique, questions essentiellesChapitre 19 sur 45 · QUELQUE TEMPS, OU LA BANQUEROUTE OU · texte numérisé non relu

QUELQUE TEMPS, OU LA BANQUEROUTE OU

l'augmentation DES IMPOSITIONS ■%-

TURGOT (Lettre au roi).

AVEC CE SYSTÈME, UN PEUPLE NE SAIT -l" -l- JAMAIS RÉELLEMENT OÙ IL VA. i' "1' t' "i' GLADSTONE (A l'occasion de la guerre de Crimée).

Le Crédit.

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Un tiens vaut, ce dit-on, mieux que deux tu l'auras ; L'un est sûr, l'autre ne l'est pas.

AINSI pense, et il a raison, le pêcheur de la fable, mettant dans la poêle, au lieu de le rejeter à l'eau, le carpilloi^qui lui promet de se laisser repêcher à l'état de grosse carpe. Et rhumanité, dans son ensemble, fait de même. Elle vit dans le présent, qui seul existe pour elle, et non dans le passé, qui n'est plus qu'un souvenir, ou dans le futur, qui n'est encore

h A VIE ÉCONOMIQUE :i't.

(lii'mic l'spiMaïU'e et ne sera jamais peiit-tlic une réalité. Mais elle ne vit pas (jiie du présent : et si le passé ne lui avait pas préparé le présent, si ce présent, en ce (pi'il est, n'était pas animé et soutenu par la préoc(ui)ation de l'avenir, elle ne serait pas ce qu'elle est et ne |)()Mrrait devenir ce(|u'elle deviendra. Aujourd'hui est le Dis dliier et le père de demain. Oui, hier aussi a été le fils d'aujourd'hui, et aujourd'hui est le fils de demain. C'est parce que nos prédécesseurs ont travaillé, et laissé derrière eux des fruits de leur travail que nous sommes ce que nous sommes; mais c'est parce qu'ils ont pensé à nous, qu'ils ont été ce qu'ils ont été et fait ce qu'ils ont tait, et c'est parce que nous songeons à demain, pour nous ou pour ceux qui nous succéderons, que nous travaillons aujourd'hui. Nous mangeons, parceque d'autres avant nous ont semé : nous semons parce que sans cela d'autres après nous, et nous-mêmes demain ne pourrions manger; et c'est cette préoccupation de demain qui nous fait vivre aujourd'hui.

Ce n'est pas assez dire. Ce demain qui n'existe pas encore, et qui, par conséquent, ne semble pouvoir nous aider à travailler et à produire qu'en excitant en nous l'activité par l'espérance, il peut aussi (et il le fait dans une large mesure) contribuer à nous fournir aujourd'hui même les moyens de travailler, les matériaux à mettre en œuvre, le capital à engager dans des opérations fructueuses, et le concours de collaborateurs dont nous avons besoin.

Un homme possède un terrain inculte, qu'il veut défricKer et ensemencer. Il n'a ni charrue, ni blé, ni argent pour payer un ouvrier dont le travail lui serait indispensable. Il ne peut rien. Si : il est laborieux, économe, de bonne réputation, et le travail qu'il veut entreprendre sera, selon toute apparence, très rémunérateur. Des voisins, qui. le connaissant, ont confiance en lui, lui prêtent une charrue, lui avancent un sac de blé, font pour lui quelques journées, à charge, lorsqu'il aura récolté et vendu son blé, d'être payés convenablement des services qu'ils lui auront rendus. Ils ont cru en lui. Ils lui ont fait crédit, et s'ils ont eu raison de lui faire crédit, leur confiance, sans ajouter, pour l'instant, une charrue à celles qui existaient, un grain de blé au produit delà récolte antérieure, et un homme au wchiffre des travailleurs agricoles, aura augmenté le travail utile, l'emploi de la charrue prêtée et le rendement du blé emmagasiné.

De même à l'infini. Un autre est inventeur, ingénieur, que sais-je? C'est James Watt perfectionnant la machine à vapeur:

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