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l't'iiclierisseinent. Le (iouvcnienient aurait beau mus dire, par des alliches et des ordonnances : « Faites attention, l'année n'a pas été bonne; ne mangez pas trop et né donnez pas de pain aux cbiens et aux poules^; » nous n'tn ferions ni plus ni moins. Mais si le pain coûte un sou de jdus le kilog., ou le demikilog. ; si, dans un ménage de cinq ou six ptr^diuts, ]<i. consommation journalière de pain reirtetiile vingt, trente ou quarante centimes de plus, on y regardeia et la ménagère saura bien avertir le père ou les enfants que les miettes cnt de la valeur et que les croûtes sont précieuses.
Jacfjues Bonhomme. — Alors c'est là, nr.cneieur, Icut ce que vous avez à nous faire espérer et tei.t ee qi e le CeLve)n(n ent peut faire pour nous ?
— Oui etuou. Le Gouvernement ne petlpas, sans aiLitraire et sans faire plus de mal que de bien, en s'expcsant à ruiner la boulangerie, se mêler de la fabrication du pain et de la fixation des prix. Mais il y a quelque chose qu'il peut faire, eu plutôt s'abstenir de faire. Il peut cesser de mettre, par des droits de douane qui empêchent le blé a'airiver lilrcn.tnt sur le marché et par des règlements qui gênent la fabrication, obstacle à la circulation et à la préparation de cet aliment, qui est, comme on l'a dit, par excellence le charbon de la machine humaine. "
« Il ne suffit pas, » déclarait officiellement, au nom du Gou vernement, en 1884, un minietie de l'agriculture, « que le pain soit abondant ; il faut encore qu'il ne soit pas trop cher. » Et c'est pour cela, continuait ce ministre, que le Gouvernement ne saurait consentir à mettre des droits de douane sur le blé. Le même ministre, l'année suivante, a fait voter, pour empêcher le blé, c'est-à-dire le pain, d'être abondantet à bon marché' un droit de trois francs, porté ensuite à cinq et à sept, par cent kilog. de blé introduit en France, et, finalement, de douze francs par cent kilog., ou de douze centimes par kilog. sur le pain.
Demande, Jacques Bonhomme, mon ami, que l'on supprime ce droit et que l'on cesse, pour employer le langage d'un boucher Belge, de ci-oiser les baïonnettes contre l'aliment pain ou viande; ou, si tu ne le demandes pas, ne te plains pas de payer ta nonrriture plus chère que tes frères de Belgique ou d'Angle terre.
Il a été dit : « Tu ne musèleras pas la bouche du bœuf qui foule ton grain. » Il paraît qu'il en est autrement de la bouche de l'homme, qui conduit le bœuf et ouvre le sillon pour faire pousser le grain.
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SPÉCULER, c'est PUÉVOIH ; ET l'HÉVOIlJ, c'est POUUVOIU.I" 1' t t -i' i' f 'V
Spéculation.
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EXCOllK un mot qui sullit à perdre un homme. i( (l'est un spéculateur; il a gauné sa fortune en spéculant sur les terrains, ou sur les grains, ou sur les vins ou les huiles ; » dites cela du plus honnête commerçant du monde, et, pour beaucoup de gens, surtout pour ceux qui, louant de leur mieux leurs immeubles ou vendant le plus cher possible leurs bois ou leurs foins, s'imaginent ne pas faire de commerce, voilà un homme perdu : c'est un forban, un Juif, puisqu'il parait qu'il n'y a que les Juifs qui aiment mieux gagner que de perdre.
Que fait-il cependant, cet homme, et que faisons-nous tous, à toute heure? Il cherche à prévoir, pour un genre d'objets, de produits ou de services, quelles sont les probabilités de hausse ou de baisse, ce dont le public acheteur aura besoin et dans quelles dispositions sera le public vendeur. Il achète, quand il croit, d'après ses informations ou son instinct, que la marchandise sera, demain ou plus tard, plus demandée, et il vend quand, à tort ou à raison, ses prévisions sont contraires. Il sait, grâce à ses correspondants, que la récolte s'annonce excellente en Amérique, en Roumanie ou dans l'Inde ; il se hâte de passer des marchés et se met en mesure, s'il a bien prévu, de satisfaire à la demande de l'Europe, dans trois mois ou 'dans six mois, et de rendre service aux Anglais, aux Français, aux Hollandais, qui, sans cet apport des régions lointaines, auraient souffert de la disette ou des hauts prix. Il est récompensé du service qu'il rend, comme, s'il s'est trompé ou s'il a eu l'intention d'abuser de ses ressources, il est puni par la perte ou la ruine.
Un autre, observateur habile ou inventeur ingénieux, 'reconnaît les qualités jusqu'alors ignorées d'une substance, imagine d'utiliser un textile, trouve un alliage doué de qualités supérieures ; il les fait connaître et réussit. Il a doté ses semblables de ressources nouvelles. Il a pour cela pris de la peine, fait des dépenses, risqué l'insuccès. Lui enviera-t-on le bénéfice qu'il en tire? Un troisième, (je pourrais multiplier à l'infini ces exemples,) se persuade, en étudiant le mouvement de la population, en observant les déplacements et les insuffisances de la circulation, que