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servir de vaches à lait au coininerce et j\ l'industrie dv la métropole, et, en réalité, sanj^sues qui l'épuisent jusqu'au jour «où », coiuine Turgot le prédisait dès 173.'{, pour les colonies du nord de l'Amérique, « elles secouent un joug humiliant et ruineux ». L'Angleterre (il faut le reconuaitre), sans être encore entièrement gagnée à la doctrine lie la pleine liberté et de hi pleine justice envers ses possessions lointaines, a fini par comprendre la fausseté de cet ancien système, et, depuis un demi-siècle au moins, en même temps qu'elle se faisait le champion de la liberté des noirs, elle a renoncé à la politique des marchés réservés, et demandé sa prospérité à la liberté et à la concurrence. <( Notre conduite à l'égard de nos colonies, » disait, en 1859, lord John Russell. « doit tendre à les mettre en état et en désir de se passer de nous. » Ce qui n'empêche pas. hélas ! que bien des abus n'aient été, depuis cette époque, commis dans les possessions anglaises. Et l'exemple de la nouvelle politique britannique n'a pas encore converti le reste du monde. Nous continuons à trop croire, à peu près partout, que la grandeur des nations se mesure à l'étendue de leur territoire soit central soit lointain, et nous sommes trop disposés à considérer et à traiter comme inférieures, non seulement en développement industriel et scientifique, mais en valeur morale et en droit, les populations de ces teri'itoires plus ou moins violemment ou honnêtement annexés. Qui ferait le compte de ce qu'ils nous ont coûté et nous coûtent annuellement en armements, en navires, en administration, en sang national et en sang indigène, en habitudes vicieuses aussi, malheureusement, et corruption, reculerait épouvanté. Combien, pourtant, serait-il facile de multiplier et d'étendre partout, sans frais et saus danger, nos colonies ! On parle toujours de nos colonies d'ici et de là, que les étrangers nous jalousent, et dont l'entretien et la gai'de nous imposent pour quelque chose comme deux cents millions de dépenses par an. a et l'on oublie ». disait dans sa langue sobre et pittoresque ce grand marin qui les avait toutes vues et jugées, l'amiral Réveillère, « nos colonies de Londres, de Buenos-Ayres et de Mexico. » C'est bien le cas de dire, en nous rappelant le proverbe, que le bien ne fait pas de bruit. S'il suffisait, hélas ! d'ajouter, pour compléter l'antithèse, que le bruit ne fait pas. de bien!