DES GANTS
Les gants sont le complément obligé de tous les costumes; je ne puis donc me dispenser de vous en parler.
Leur existence n'est pas moderne : on en trouve la trace dans rÉcriture, aux livres de Ruth et des Rois.
Homère, dans son Odyssée , montre Laërte arrachant des épines dans son jardin , les mains préservées par des gants de cuir.
Xénophon en attribue le premier usage aux Perses.
Athénée parle d'un célèbre glouton qui arrivait au festin les mains gantées pour manger plus vite et plus aisément, tandis que les autres convives atten-
daient que les viandes fussent assez froides pour les toucher.
Les mitaines de soie rappellent les beaux jours de la cour de Louis XIV et l'époque coquette de Louis XV.
Nous avons aujourd'hui les mitaines, les gants de peau, de tricot, de soie, de filet, de batiste, de fil d'Ecosse et de coton.
Pour votre rè^e, apprenez que les» gens du monde doivent porter le jour des gants de daim , de castor ou de chevreau, de diverses nuances, et le soir des gants paille pour le salon ou pour le théâtre.
D'Orsay établissait ceci, à Londres, en 1839 :
Un gentilhomme de la fashion anglaise dort employer six paires de gants par jour.
Le matin , pour conduire le briska de chasse : gants de peau de renne.
A la chasse, pour courir le renard : gants de pean de chamois.
Pour rentrer à Londres en tilbury : gants de castor.
Pour aller, plus tard, se promener à Ryde-Pa?k: gants de chevreau de couleur.
Pour aller dîner : gants jaunes en peau de chk».
Pour le soir, le bal ou le raout : gants en cannepin blane brodés en soie.
Ce qui constitue une dépense , p(mr le» ganti
seulement, de 48 francs 75 centimes par jour; et, par an, la somme de 17 793 francs 75 centimes*.
Je me borne aux deux paires par jour , que je vous ai expliquées plus haut. Il n'y a qu'aux chasses, soit royales , soit de riches gentlemen^ que les trois paires deviennent indispensables.