‹ La vie élégante à ParisChapitre 14 sur 85 · Bauphiné · texte numérisé non relu

Bauphiné

< Napoléon, dit-^lle, était aussi lieutenant quand îlTÎnt en garnison à Valence ! »

Lopd Blessington se prit d'une grande amitié pour d'Orsay , et il fut conTenu en femille qu'il épouserait l'honorable lady Harriet Gardiner, que lord Blessington avait eue de sa première femme*.

D'Orsay pour ce mariage donna sa démission, quitta la carrière militaire, partit pour Gènes avec lord et lady Blessington. Lady Harriet fut retirée de pension, arriva à Gênes où elle épousa d'Orsay, conformément à la volonté de son père.

De retour d'Italie, lord Blessington mourut à Paris en 1827, et sa femme devint une des plus brillantes étoiles du firmament littéraire de l'Angleterre, où d'Orsay l'accompagna. C'est à cette époque quHl reprit sa grande carrière de sportsmcm et «r-bitre général de la haute aristocratie anglaise ,. comme a dit the Court journal.

Tm entre les mains, à la date du 39 août 1852, une lettre de notre grand poète, Lamartine, q^dit de d'Orsay : « C'était un de ces hommes que j'airiwis,

1. Ckarks- John Gardiner , créé comte de Blessington en 1806, fut marié deux fois : la première à Mary Campbell , et la seconde à la fille de M. Edmond Power. — Deux nièces de lady Btettington, porUnt le nom de Power, toutes deux très-distinguées , habitent Paris. — Lady Blessington et d'Orsay sont enttnfe prés de Saint-Geimaiii , dans une des tems de la famille de Gramont.

comme je vous aime, pour leurs charmes autant que pour leurs talents. Il faut deux siècles pour former ces hommes-là : le siècle des aristocraties aimables et le siècle des pensées viriles. Les hommes d*ua seul temps n'ont pas cette double nature ; ils peuvent être estiûiables, mais ils ne sont pas atta* chants*. »

Tous ces souvenirs du plus beau type de l'élégance, de Tesprit , de la politesse et de l'urbanité, seraient incomplets si je ne faisais connaître, comme complément, l'asile qu'il s'était choisi, je devrais dire qu'il avait créé.

Pour ceux des lecteurs qui aiment à orner leur hôtel ou leur appartement, la vue de ce luxe artùtique peut être utile. Je sais que, pour mon compte» il m'a servi en partie de modèle pour ma salle d'armes.

Un jour que d'Orsay flânait dans Paris, cherchant un atelier de peintre ou de sculpteur, il tomba par hasard à l'entrée d'une espèce de grenier délaissé par Gudin , dans son hôtel de la rue de la Ville-l'Évêque. C'est de ce Hall abandonné que d'Orsay fit une manière de kiosque des Mille et une Nuits où je vais essayer de vous introduire.

Le comte d'Orsay, en y entrant, commença par

1. Notre peintre célèbre de marine baron, T'* Gudin, était intimement lié avec d'Orsay, et méritait cette lettre*

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entasser péle-méle marbres, bronzes, plâtres, toiles, dessins, livres, statuettes, armes, curiosités de tous genres. Puis une pensée de fée, une main de fée peutrêtre, transforma ce chaos en un campement de prince. Puis ce campement devint un boudoir, un salon, une galerie, un temple; le tout décoré du nom A'atelier.

Charmants tableaux, portraits magnifiques, statuettes grecques; ou romaines des plus beaux temps, figurines du moyen âge, coupes et fibulines delà Renaissance, poignards de Benvenuto, faïences de Depht et de Bernard de Palissy, sabres dignes de VArmeria de Turin*, panoplies élégantes, bustes célèbres, curiosités de tous genres , tout fut bientôt classé avec tant d'art et de goût , qu'on se serait cru dans le palais Dusommerard.

Lorsque la transformation fut complète, et que l'atelier fut un musée, Alfred, enchanté, comme nous, trouva un charmant petit coin pour placer un lit, dans ce sanctuaire toujours orné de fleurs et de myrtes épanouis.... qui poussaient ou tombaient de je ne sais où. Alors le souverain de ce

1. J'ai été assez heureux pour offrir au roi l'un des plus riches sabres de Tipoo-Saïb, attribué, dit-on dans le volume publié sur VArmeria en 1840 par le comte de Seyssel, p. 208, à Soliman le Grand , qui régnait en Tan de l'hégire 926 (soit en 1549 de notre ère }. Mais le travail est indien , et non arabe ou turc.

petit royaume fit, seul ou avec quelque mystérienae Ëgérie, des lois pour son empire.

Cet empire de la Paix était des plus sages, comme on va le voir; car il prescrivait à chacun, quels que fussent ses opinions, son culte, son rang ou sonseie, de vivre en bonne intelligence avec son voisin. Les républicains ou les royalistes, les doctrinaires ou les impérialistes, se regardaient sans humeur, et paraissaient sans iiel.

' Quant aux femmes, c'était bien autre chose : lady INes^ngton, ce buste digne de Tantique, souriait à lady A***, dont d'Orsay m'a laissé le grand portrait au pastel (car il savait tout faire). La reine Victoria (statuette en bronze), sur un joli cheval orgueilleux de la belle main qui le guide, se trouvait parfaitement bien à côté de la statue équestre de Napoléon le Grand. La marquise de Douro regardait presque tendrement lady S*** qui ne l'aimait pas. La sœur et les deux nièces de lady filessington paraissaient accueiUir sans embarras la duchesse de***. Deux princes, fort puissants aujourd'hui, vivaient sans haine à côté des bustes de ***, quiles ont en horreur. Dans une certaine pénombre, on voyait cette foule de femmes esquissées avec le merveilleux crayon d'Alfred, toutes vaporeuses, toutes nébuleuses, semblables aux femmes des visions d'Ossian, et nageant comme elles dans l'éthérée !

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Il faudrait la plume d*florace, pour vous décrire ici, avec la fratcheur et la jeunesse de son esprit » le charme que répandaient toutes les amies de tfOrsay dans ce sanctuaire des arts. Tyndaris, Lalagé, Barine, en auraient pâli!

Le duc et 'la duchesse de ""** occupaient une place sérieuse et de choix dans cette galerie; la noblesse, la distinction, l'élégance, avaient là deux beaux modèles. Le trophée d'armes qui entourait le buste du général d'Orsay était aussi du côté des portraits de famille.

Je passe rapidement sur la collection de tous ces cadres qui renferment les dessins; mais lisez au bas : sir Thomas Lawrence, sir Edwin Landseer, Fùger, de Vienne, Prudhon, Mme Jacquotot, Robert Lefèvre, Gudin, Gigoux, Glésinger, les deux Johannot, Devéria, Camille Roqueplan; il me semble que toutes ces célébrités valent bien la peine qu'on les nomme. J'allais oublier ce précieux bas-relief de Clodion , qui a un si parfait imitateur dans Lévéque . Ce bas-relief fut exécuté en grand pour le tombeau de la princesse de Poix, grand'mère die d'Orsay.

' Je voudrais vous parler d'une charmante statuette, au milieu de cent charmantes statuettes; c'est un Centaure chargeant son ennemi à fond de train. Alfred s'est surpassé dans cette composition,

comme dans le buste de la comtesse de Blessington, qu'il a fait de cent manières.

Pour terminer Texamen rapide de cette élégante demeure , venez avec moi jeter un regard sur ce silencieux clair de lune de Tuite. Voyez comme la p&le voyageuse des nuits baigne de sa lumière le tombeau de lady Blessington!

C*est en m'imprégnant de cette nocturne et mystérieuse poésie que je me suis rappelé la touchante prière de mistress S***, humble et mélancolique comme un clair de lune sur la neige :

As mocolight on snow.

En voyant, dans cet atelier de d*Orsay , tant de portraits si beaux, tant de statues ou de bustes de femmes si parfaits, tous mes souvenirs dltalie me sont revenus.

C'est là qu'on comprend le culte de la forme! Mais en voyant les statues de femmes si divines, soit chez d'Orsay, soit aux galeries Pitti, soit dans la grande Rome, le désir de Pygmalîon ne m'est jamais venu à l'esprit. Il a gâté son œuvre en demandant à Vénus de lui donner la vie. Pauvre traduction sensuelle!... vulgaire profanation de ce que l'intelligence, la poésie, le sentiment, avaient fait à l'égal des dieux!...

J'ai toujours dit à la Vénus de Médicis même :

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«Restez marbre, déesse des beaux rêves; soyez cyzique ou pantélique, paros ou carrara, mais ne recevez pas notre vie terrestre,,., restez un chef-d'œuvre divin , accessible seulement à notre âme! »

J'en reviens à l'homme élégant.

Grâce au bon goût de la cour de France et de la nation française, nous n'avons jamais eu pour souverain de la mode, du bon ton et de la grâce, un homme du genre de Brummel, qui insultait le duc de Bedfort, le prince de Galles et toute la société anglaise, dont il était devenu l'impudent souverain.

« Brummel, homme de rien, dit le comte de Mercey, sans naissance, sans fortune, sans instruction, conquit l'empire delà mode, se plaça à la tête de la fashion la plus aristocratique de l'Europe, régna en tyran sur cette société hautaine qui semble dédaigner le reste du genre humain, et, simple particulier, engagea avec la royauté dle-même une lutte d'amour-propre dans laquelle la royauté fut vaincue. »

Un élégant et une élégante de la cour de Catherine de Médicis nous fournissent une anecdote qui a un côté assez comique pour être placée ici comme diversion.

Saint-Mesgrin était, sous Catheriike de Médids, un des hommes à bcmnes fortunes les plus recher* cbés des élégants du temps ; il fut cause d'une aven* ture dont Tabbé de Gboisy nous aconservé le sou* venir*.

M. de Guise, dit-il dans ses Mémoires, avait épousé une princesse de Glèvas, veuve du prince de Pordan. Elle était bdle et vivait dans une oour fort âégaixie. On l'accusait de n'être pas toari insensible à la passion de Saint^Mesgrin. Un jour que la reine Cathenne de Médids donnait uj>e fête où toutes les damas de la cour devaient être servies par des jeunes gens du même rang, portant. leur livrée, M. de Guise pria sa femme de n'y point aller, l'a»- «irant fort qu'il était persuadé de sa vertu, mais que le monde parlant d'elle et de Saint-Mesgrin, il Allait le faire taire.

Mme de Guise lui|dit qu'elle ne pourrait pas désobéir à la reine, qui lui avait fait dire d'y aller.

laiey alla.

La fête dura jusqu'à six heures du matin. lOle revint chez elle; mais à peine fut-elle couchée, qu'elle vit entrer dans sa chambre M. de Guise, suivi d'un seul maître d'hôtel qui portait un bouilkm. Il fn*ma la porte, s'approcha du lit et lui dit d'un

1 . L'abbé de Cboisy fut ambassadeur de Louis XIV à la cour de Siam , en 1685.

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ton révère : « Miulame, vou3 ne voulûtos pas faire hier au soir c^ que je fouhaitals, vous le fores pré^ sentement; les divertissements vous ont échauflée , il faut prendre ce bouOlou. ^

Mme de Guise se mit h pleurer, demanda uu confesseur, ne doutant pas que ce ne fût du poison. Elle était seule; U. de Guise parlait en maître : il fallut obéir.

Dès que le bouillon fut avalé, il la laissa seule» bien enfermée dans sa chambre.

Trm heures aprôs, Tétant venu trouver : « Madame, lui dit-il, vous avez passé une nuit asse? désagréablement; j'ensuis cause. Jugez de toutes celles que vous m'avez fait passer aussi désagréablement pour le moins!... Rassurez- vous, vous n'en aurez que la peur.

•--Je veux croire, répondit-elle attendrie, que j'en suis quitte pour la peur ; mais à l'avenir, ne nous en faisons plus l'un à l'autre. »

Avis aux élégantes qui font attendre la nuit leur mari à la fenêtre, pendant qu'elles vont au bal chez la comtesse de ***.

Avis à celles qui les font attendre aussi, quand elles reviennent du bal accompagnées par un jeune officier.

Avis enfin aux femmes qui, après avoir usgmré leur mari qu'elles n'iront point au bal masqué de

rOpéra, y passent la nuit en partie fine» et ne rentrent chez elles que le lendemain.

Vous voyez que je suis au courant de la chronique de cet hiver. Le fashionable et gros élégant Dar..., en me racontant les peccadilles de ces trois dames, m'ajouta qu'il avait entendu l'une d'elles reprocher à son mari les torts qu'elle avait envers lui. La plus candide, la plus simple, la plus vraie de toutes les femmes, ne manque jamais d'adresse dans l'occasion.

« Voilà pourtant les trois ménages les plus unis, les plus constants, les plus aimants de Paris; jugez du reste, me cria en partant le sceptique Dar....

— Vieux voltairien , va ! »

Cette digression me rappelle le conte allégorique des Deux Corbeaux^ par le célèbre poète russe Pouschkine. On y reconnaîtra aussi le sarcasme de Byron et le rire amer du fashionable de haut ton.

Un corbeau dans son vol crie, en passant, à un autre corbeau :

« Où dînerons-nous, aujourd'hui ?

— Là-Bas, j'ai vu gisant le corps d'un héros assassiné.

— Par qui? et pourquoi a-t-il péri ?

— Trois êtres seuls le savent : son faucon qui s'est envolé dans les bois, sa jument noire sur laquelle son ennemi est monté, et sa jeune femme

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qui paraît attendre celui qu'elle aime.... non Vassassiné , mais le vivant. »

Un autre auteur russe, Lermontoff, a aussi le rire sardonique; vous pouvez vous en assurer, si vous lisez l'histoire du jeune garde du corps du tsar Ivan Vasilievitch.

Ce n'est donc pas seulement la grande civilisation qui donne ces idées sur ce qu'on appelle les galanteries des salons , ou la perversité du grand monde ?

Il y a là une pensée grosse de douleurs pour un cœur pur, bon et aimant!

Raison de plus pour vous recommander de ne fréquenter que la bonne compagnie , et de ne vous attacher qu'à une âme honnête.

OHAPITRE VI.

l'habitation élégante et confortable.

Après vous avoir dépeint rhabitation du comte d*Orsay, habitation qui n'était, après tout, qu'oo atelier, ma tâche ne serait pas remplie si je ne vous décrivais en peu de mots ce que la luxe moderne exige dans une maison véritablement bien tenue.

Je laisse de côté la Grèce et Rome. Vous trouve* rez dans les auteurs anciens la description de leurs maisons; vous pourrez même en voir si vous allez à Herculanum et à Pompeï; je me dispense donc de vous en parler et je vous conduis im<* médiatement chez Mme la vicomtesse de S""'', dont l'hôtel peut vous servir de modèle si vous désirez une habitation où le ctmfort soit uni à l'élégance.

L*hôtel de Mme la vicomtesse de S*** est situé dans cette partie du faubourg Saint-Honoré, qui a envahi les jardins de l'ancien hôtel Stacpoole. Il a une cour d*honneur et une serre-jardin, mais dans des proportions restreintes qui le sauvent de cet air d'abandon dont les grands hôtels du faubourg Saint-Germain ne peuvent plus se défendre. Un perron de quelques marches en pierre blanche poncée avec soin, et couvert en partie d*un tapis écarlate, mène à une antichambre boisée en chêne, entourée de banquettes en velours où se tiennent les valets de pied.

Cette antichambre conduit à un salon d'attente tendu en tapisserie de Beauvais encadrée dans des 'baguettes d'ébène. Au centre de cette pièce vous verrez une table carrée à pied tors, couverte d'un tapis pareil à la tenture, et sur laquelle se trouve tout ce qu'il faut pour écrire. C'est là que se tient le valet de chambre chargé d'écrire les noms et d'annoncer les visites. Dans ce salon d'attente existent trois grandes portes cachées sous des portières. La porte de droite mène à une salle d'armes dont les murs disparaissent sous des panoplies. Aux deux côtés de la porte se trouvent deux armures complètes de chevalier, montées sur des socles en ébène écussonnés aux armes des maîtres de la maison. Cette salle d'armes mène au fumoir du

vicomte de S***. Ce fumoir, tendu à l'algérienne, se trouve à l'extrémité droite du bâtiment.

La porte du milieu du salon d'attente conduit au grand salon blanc et or, style Louis XVL Le meuble est en bois doré , les étoffes en lampas. Deux consoles en bois de rose incrustées de porcelaines de Sèvres occupent les entre-deux des croisées. Sur ces meubles, des marmousets en marbre blanc tiennent des torchères en bronze doré pour les bougies. Les quatre panneaux du salon sont égayés par quatre pastels de Greuze, quatre chefsd'œuvre.

La troisième porte du salon d'attente mène à la salle à manger. Elle est peinte à fresque à l'italienne, avec fontaine et vasque en marbre cipolin. Une bonne copie du tableau de Vanloo , le D^evmr de chasse de Louis XV, orne le grand panneau qui fait face aux -fenêtres.

Nous arrivons enfin au boudoir qui termine Texr trémité gauche de l'hôtel. C'est la seule pièce de la maison que la vicomtesse de S*** habite réellement ; les autres ne servent que pour les réceptions. Vous verrez là son piano, son chevalet, ses livres favoris, sa tapisserie et le bmheu/r du jou/r sur lequel elle écrit ses lettres. Toute la femme est là.... et dans sa chambre à coucher où, malgré le shocking, je vous conduirai tout à l'heure.

Toutes les croisées du reznle-chaussée donnent sur une serre-jardin que, quatre ou cinq fois dans Thiver, les tapissiers changent en une petite salle de spectacle où les hommes et les femmes du monde jouent des proverbes.

Montons maintenant au premier étage, où se trouve la chambre à coucher de la vicomtesse. Rien de plus simple et de meilleur goût. Elle est capitonée en soie orange (la vicomtesse est brune), rehaussée de câbles tordus en soie bleue. Le bois du lit disparait sous une ouate recouverte d'étoffe pareille à la tenture. Des ganaches, des chauffeuses, se nichent dans les angles.

Le cabinet de toilette et de bain est tendu en perse fond vert d*eau avec bouquets de roses ; la baignoire est de marbre blanc à contour enroulé ; un épais tapis turc couvre le sol.

La chambre à coucher du vicomte de S***, séparée de celle de sa femme par un vaste cabinet de travail d'un style sévère, est tendue en damas vert. Quelques portraits de chevaux et de chiens, par Alfred Dedreux, ornent les pargis de la chambre. Un bois de cerf porte les cannes et les parapluies. Les cabinets de toilette et de bain suivent la cham*bre et font pendant à ceux de la vicomtesse.

Un calorifère chauffe toutes les pièces et les es^ caliers à une température égale.

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Le second étage est mansardé et occupé par les gens.

Les commims^ construits de chaque côté de la cour» reufermeat une écurie pour quatre cheYaux, une remise pour quatre voitures» une seUerie et la loge du concierge.

Voilà ce que, en Tan de grâce 1857, on peut citer comme le modèle d'un charmant hôtel accessible aux fortunes ordinaires. On peut loger là avec soixante ou quatre-vingt mille francs de rente, tandis qu'il en faut deux cents pour retrouver le même confort et le même luxe dans un vaste hôtel du faubourg Saint-Germain.

Si vous désirez connaître quels sont aujourd'hui les plus somptueux hôtels de Paris, en voici la liste par quartiers.

Au faubourg Saint-Germain :

Les hôtels de Monaco, de La Rochefoucauld et Duchâtel.

Au faubourg Saint-Honoré :

Les hôtels de Pontalba, Bagration et Stourdza.

Aux Champs-Elysées :

Les hôtels de Montijo, Lehon-Poniatowski, de Gaumont ; le château gothique du prince Soltykoii' et le palais grec du prince Napoléon. Ces deux derniers hôtels, vraies raretés de Paris, sont situés avenue Montaigne et rue Jean-Goujon.

- A la chaussée d*Antin :

Les hôtels d*Osmont et de Rothschild.

A nie Saint-Louis :

L'ancien hôtel Lambert, résidence actuelle du prince Czartoryski.

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