Présentation du 22 septembre t8S
DE L'fiLËGANCE DANS LE MONDE. i09
les princes du sang, les ministres et les grands dignitaires du royaume 9 tous vêtus de longues robes de brocart d'or, et couchés sur les genoux et les coudes, la tête penchée en avant avec l'immobilité des sphinx d'Egypte.
« Le silence le plus complet régnait dans cette vaste salle, où, à l'exception de quelques gardes collés le long des murailles, à droite et à gauche du trône, il n'y avait debout que nous. Tout cet ensemble ne manquait ni d'effet ni de solennité : c'était vraiment une belle mise en scène. »
Puisque nous voilà arrivés à l'époque actuelle, il sera peut-être bon de vous dire en quoi consiste l'étiquette, relativement au costume, dans les grands bals de la cour impériale de France.
Les invités à ces espèces de solennités étant tous quelque chose dans l'État, depuis le membre de l'Institut jusqu'au sous-lieutenant de l'armée, depuis le juge jusqu'au simple employé d'administration, il est facile de concevoir que c'est en uniforme que vous devez être. Seulement je vous préviens que l'Empereur, dans de certains cas, fait revivre la culotte courte de Casimir blanc, par conséquent les bas de soie et les souliers à bourses : conformez-vous à cette étiquette non nov/oelle^ mais renouvelée^ si vous êtes invité.
L'étiquette pour la mise des femmes est en quel-
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que serte tracés pfir rimpémtrice; du molns^ elle en donne rexempkL
Au dernier gmnd: bal de la; coor; voiei' quelle était râégcnte étiquette du moment, car totU'varte, je vous Tai déjà dit.
A droite et à gauche de chaque porte dès ^ons, deux statues en ter, je veur dire deux des^ cent' gardes^ immobiles comme l^ chevaliers d*une sdle diarmes, donnent un sérieux chevaleresque de tràs^bon goût^à œt appareil!
Les deux orchestres habitu^s^ l'un à' la galerie supérieure de la salle des Mta*écfa8ux, Fàot^e le long des fenêtres dans la galerie delà Paix» laissent peu d'interruption à la danse.
L'Empereur, dans ces fêtes d'apparat, ouvre or^ dinairement le bal avec lady Gowley; Tlmpérattrice avec le prince Napoléon; la princesse Mathilde, la princesse de Nassau, la princesse Mumt, la dùchésse Hamilton, la comtesse Walevv«ka et la maréchale Serruno, ont aussi leur danseur désigné.
Leurs Majestés arrivent à dix heures et se retirent après minuit.
L'Impératrice, à ce dernier grand bal, était en robe de tulle rose à trois volants, recouverte d'une jupe courte en point d'Alençon, relevée sur le devant par deux bouquets de roses. Elle portait un diadème d'émeraudes et de diunants qui faisait le
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tfrnrcte'Itt tMfe et par derrière sonlevurièar ctie-
veux, qui retombaient par-dessus frisés à la'greic** qae; son coiliar éftait également^ d^ëmeraude» et de diamants. Le consftge dé là ràHt élBÉt' garni de cinq broches d'émerafodes dHme ékkomm^gixkseor*.
fi'EmpereuT était enonlotteFcourtei
Jjss éventails jouant leur rôle dans les' fétê»' dm monde élégant, il faut que je'vous disB*que'l'évB!l•• ta(il dit Sévigné, à grsmdès branches en- ivoire;, en^ nscre, ou même en or inornsté, avec les pttiittirB»^ dé' Bèmoh^ ou de Baudoin» sont dMléganie d^âti^* gctette aux grands bals' de la« cour.
E'èvartàir Louis XV et rétentàil Louis XVTj un peu plus petit, sont aussi ttiàs^-reoherchés^
&eax qui sont en vernis MùrHn^ ou à brandies' dfr laque, avec les peintures SKiséitès, acmtpmrle» grands* dlners;
Ati dernier bal de la princesse Matiiilds, ette portait une robe^de tulle blanc:gami0: de trois vck heate de guipures et de deos guiiiandès de roam qoi'dèseendaient du bouquet du' consage;
La princesse Murât était en roi^ dé brœardblai
1; i0m^im'>g!m9M émaaxiàmq^^ï^ auiies étaient c«Ues <pi0 1® prince Sérge-Galitzin donna à. sa femme : elles étaient grosses comme les petits oboU^ des poidè»
avec corsage orné de guipures et de petits velours grenat.
La comtesse Walewska était en robe bleue avec deux volants de dentelles blanches.
La tenue d'étiquette du duc de Brunswick était une tunique allemande brodée d'or avec des boutons de diamants, des épaulettes garnies de diamantSy et une dizaine de plaques en diamants; sa chaîne de montre, les boutons de ses gilets, sont toiyours en diamants, et, dans sa loge d'avantscène aux Italiens, sa lorgnette est incrustée, enveloppée de diamants! Le peuple pense qu'il en mange; d'autres disent qu'il en fait, comme GagUostro; mais plus réellement. Je crois, moi, sans me jeter dans le merveilleux, qu'il en avait prodi-. gieusement en quittant sa souveraineté, et qu'il lui en reste encore beaucoup.
Dans tout ce qui constitue les obligations qu'on doit remplir pour satisfaire aux lois de l'étiquette et du cérémonial, je n'ai pas eu à m'occuper de ce qu'il y a à faire de mieux dans la vie pour son Wenêtre personnel, pour son repos, pour la vie calme et usuelle de l'intérieur, pour ce qui appartient à l'âge de raison, pour ce bonheur que donne l'affection durable, pour la jouissance qu'offrent les beauxarts, la littérature, ou la vie calme, rêveuse, poétique, et le spectacle émouvant d'une grande nature.
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Je n'entends pas donner plus d'importance qu'il ne le faut à cette petite critique du monde, encore moins à ses petites faussetés et à ses grandes trahisons : Schiller disait à ce propos : c Le métier le défend. »
J'avais seulement à traiter de l'étiquette élégante ou non, raisonnable ou non, et de la nécessité de s'y conformer, je l'ai fait. Je ne voulais pas qu'en évitant les sujétions qu'elle entraîne, on se crût en droit, par un égoïsme mesquin et commun, d'éviter les salons officiels ou intimes, pour se jeter dans le ruisseau ou se renfermer dans une tombe.
Au reste , lorsque la curiosité bien naturelle de connaître le monde officiel, le monde élégant et le monde intime, aura été satisfaite, on pourra choisir celui qu'on préfère, ou n'en adopter aucun si telle est la fantaisie.
Mihi gratulor, tibi gaudeo.