M. Arsène Houssaye
iM LA VIE ÉLÉGANTE A PARIS.
de Baudouin, et enfin de Boueher.... Boudiivice sensuel peintre du nu !
Mais il y avait alors aussi des cœurs honnêtes, des âmes pures, des femmes qui élevaient la voii pour protester contre ce qui s'écrivait et contre ce qui se faisait.
Mme de Sablé, quoique amie de La Rochefoucauld, se plaignait secrètement de ses Maximes et de son égoisme personnel. « Son cœur, disait-elle, est inoficieux. >
Elle tâchait de pallier son défaut d'obligeance en le mettant sur le compte de la paresse.
Elle disait :
< Sa paresse, autant que sa volonté, ne lui a jamais pu permettre de faire la moindre aetUm pour aiUrui. 9
Mme de Guémenée ne s'en gênait pas et disait ^que c'était un franc égoïste.
Mme de La Fayette écrivait à Mme de Sablé :
« Toutes les personnes de bon sens ne sont pas si persuadées de la corruption générale que l'est M. de La Rochefoucauld dans ses Maximes. »
D'autres, comme Mme de Sévigné, protestaient par leur sage conduite contre les opinions des Maximes sur les femmes. Le duc de Saint-Simon, qui écrivait de tout et sur tous avec la verve qu'on lui connaît, qui parlait avec une grande liberté,
puisqu'il ne ménageait pas même son ami le régent, affirme que Mme de Sévigné était restée vertueuse au milieu d*un monde plus que frivole^ et rivant pour ainsi dire avec des femmes plus que légères^ telles que Mmes de Parabère, de Sabran, de Tencin*, tempérées à la vérité par Mme de Hautefort, duchesse de Schomberg, par la duchesse de Longueville, par la comtesse du Maure, la duchesse de Liancourt', la marquise de La Fayette et la marquise de Sablé. Quant à cette dernière, elle était à Port-Royal ce que Mme Récamier était de nos jours à TAbbaye-aux-Bois.
Et n'est-ce pas une protestation aussi contre les Maximes de La Rochefoucauld, que de citer seulement les noms de Pascal, de Bossuet , de Corneille» de Turenne, de Vauban, de Colbert, de d'Aguesseau, etc. ?
Je voudrais, aujourd'hui, voir des femmes d'élite s'élever contre toutes les mauvaises pensées répandues dans de dangereux écrits. Nous avons tant de femmes d'un solide esprit, tant de femmes d'un cœur élevé, tant de femmes capables d'écrire, que ce serait l'honneur de notre époque de voir les principes honnêtes reprendre leur empire, et les
1. Je ne cite pas d'autres amies du régent, telles que Mmes de Phalaris, d'Averne, etc. , etc.