Jeanne de Schomberg, duchesse de Liancourt
bienfaisantes croyances nous revenir par cette voie si pure et si séduisante.
Qu'elles disent bien à cette société qui, après tant de luttes, cherche à se reconstituer, qu'il y a au fond de nos cœurs un sentiment d'honneur, de bonté, de générosité, de grandeur même, qui, bien cultivé, peut enfanter encore les plus grandes choses. Admettez simplement un seul de ces sentiments honnêtes , et les Maximes s'écroulent d'ellesmêmes.
Il y avait de nos jours des lectures, de vraies réunions littéraires , à l'Abbaye-aux-bois , rue de Sèvres, chez Mme Récamier,
Là, Chateaubriand lisait quelque chapitre de ses Mémoires d'outre-tombe; d'autres lisaient une pièce nouvelle; quelques-uns disaient de beaux vers.'
Mlle Rachel y récitait une scène de Polyeucte ou d'Esther. Les Proverbes de Musset donnaient aussi la vie à ces belles réunions.
Lorsque M. de Martignac était ministre, ses soirées d'intérieur étaient des fêus littéraires et mtwicales dont la Malibran était l'idole! Tandis que nous faisions le whist avec la vicomtesse, qui le jouait merveilleusement, M. de Martignac regardait l'heure et disait : « Les Italiens ont fini, Malibran va venir ! » En effet, cette bonne Maria ne prenait que le temps de changer de vêtement et arrivait au grand trot des
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chevaux pour se placer au piano, improvisant merveilleusement des morceaux impossibles et chantant délicieusement des airs inconnus!...
La princesse de Lieven, qui vient de mourir, avait aussi des lectures dans son salon ; c'est là que M. Guizot a lu tant de belles pages, et dernièrement son Histoire de Robert Peel.
Aujourd'hui il nous reste quelques salons où les intelligences viennent recevoir ou tisser des couronnes.
On a lu à l'hôtel Gastellane, on a même joué la comédie; j'en parlerai ailleurs.
Au château Beaujon, on a fait des lectures.
Vis-à-vis de ce château, où l'esprit et l'urbanité luttent avec la richesse et le talent, le duc de Schleswig-Holstein a fait bâtir dans la cour de son hôtel un cottage de poète, pour avoir près de lui deux célébrités : l'une dont la plume féconde nous éblouit et nous charme ; l'autre qui façonne la poésie avec le ciseau qu'elle tient de sa main féminine. Comprenez-vous ces vis-à-vis? d'un côté Gudin; de l'autre Lefebvre-Deumier ; tout près de là les invocations des âmes de l'autre monde, chez Mme de B***, et au milieu de tous ces joyaux de l'intelligence, les autres joyaux du duc de B***.
Notre pauvre ami le vicomte d'Arlincourt avait aussi ses lectures.... Il a quitté notre rive vivante
et féconde pour les solitudes du faubourg Saint- Germain, où il a trouvé le calme.... et puis la mort!...
Lorsque le vent passa au fantastique, brise nocturne et sombre qui précéda de loin Tarrivée de M« Hume, dont je n'ose raconter les prouesses à la cour de Napoléon III, je rappelai un matin chez d'Arlincourt un fait qui m*était arrivé Fautoome précédent dans le grand-duché de Bade ; la comtesse de S***, sa spirituelle nièce, me pria de récrire, et de venir lire mon aventure à Time de ses soirées intimes. Je le fis, et je vous la raconte ici pour faire diversion aux ennuis de mes leçons, tout en courant la chance de vous ennuyer autrement.