‹ La vie élégante à ParisChapitre 79 sur 85 · LES CHASSES · texte numérisé non relu

LES CHASSES

Je ne sais si c'est parce que j'ai toujours été assez médiocre chasseur ; mais, dans cette lutte des forts contre les faibles , je suis un peu de l'avis de la spirituelle et bonne comtesse de Marie, ma grand'mère , qui disait : « Je suis pour les perdreaux contre les chasseurs. »

Les chasses royales ou impériales ont toujours eu un grand charme pour les souverains , pour les courtisans, et pour les dames qui ont eu le droit ou la faveur d'y assister.

Charlemagne et toute la dynastie carlovingienne en étaient passionnés. Tous nos anciens rois en faisaient un agréable délassement ; quelques-uns la considéraient comme leur affaire la plus importante.

Louis XI , qui fut chasseur remarquable à courre , voulut qu'on le représentât sur son tombeau en costume de chasseur avec un cornet (espèce de trompe du temps) pendu à son côté.

Henri IV prit le prétexte d'une grande chasse aux environs de Dieppe pour étudier son champ de bataille d'Arqués, où il voulait attirer particulièrement la cavalerie du duc de Mayenne avant le flux..,, ce qui arriva*.

Henri n'était pas encore grand chasseur ; mais il le devint depuis. Ce fut à cette première grande chasse qu'il se servit des greffiers blancs et noirs , d'origine, disait-on, de M. de Saint-Hubert. Il se servit également des chiens gris de saint Louis, des Anglais et des Normands.

Vous savez qu'un bon veneur a connaissance d un cerf par le piedy par les ailures, par les famées. Les cerfs des pays sablonneux ont les pieds courts, les pinces aiguës et tranchantes ; on les appelle trace de sanglier. Dans les pays humides et marécageux, le pied est plat. C'était un de ces derniers que poursuivaient le roi Henri et ses compagnons que je vais vous nommer: c'étaient le maréchal de Biron, le duc de Bellegarde, qui portait si bien ses armes et

1 . Le désordre fut tel que des compagnies entières périrent dans les eaux, et que les autres furent trop heureuses de se rendre.

DE 1.'£LËGANGE £M PUBLIC, 3^9

plaisait si fort aux feipmes^ le comte d'Auvergne ^ Ghâtillon ', Gontaut, fils du maréchal de Biron; Delorge, Rambure, Montgomery, Royer de Saintliory, etc.

Le cerf, après avoir méandre dans la plaine, et avoir ainsi montré au roi ce qu'il désirait connaître, fut barré partput, fi\ le§ fanfares sonnèrent aussitôt pour préparer à Yhallali^ lorsque Je roi donna l'ordre tout à coup de $onner la retraite,.., « Vive Dieu! dit-il, il serait mal au roi de France de laisser ainsi périr son conseiller. Messieurs, dit Henri en se tournant vers Biron et d'Auvergne qu} le suivaient, noire bataille sera gagnée. »

Louis Xni, qui s'adonnait h beaucoup de choses, et qui qn négligeait des plus importantes*, avait inventé un ton dp chasse pour sonner le renard.

Les tons de chasse, suivant lei? ipeilleur'es auto-r

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