‹ La vie élégante à ParisChapitre 84 sur 85 · Mémoires, etc., t. I«', p · texte numérisé non relu

Mémoires, etc., t. I«', p

2. Les terres se cultivent à moitié par le kne%zaiuolo , nommé communément eonutdino.

fallais oublier de vous citer le célèbre proverbe des piqueurs : VenXre plein sonne bien.

Sachez aussi que la meute intelligente perçoit étonnamment le sens des sons; elle s*élance avec passion à la suite de Tennemi. S*il faut s'arrêter , elle s'arrête; changer de direction, elle en change : le tout avec la ponctualité et la prestesse de soldats disciplinés.

En somme, je ne vous donne pas le plaisir de suivre les chasses royales ou impériales comme le suprême bonheur ^ pas plus que je ne vous ai signalé l'étiquette des cours comme la félicité v/niverseUe. Je ne veux pas faire de vous une sorte de Prométhée,.rivé sur un rocher de diamant avec des clous de rubis ; je vous indique les profils de la vie élégante et mondaine de la capitale de Vumoers; c'est à vous à les regarder sans répulsion comme sans entraînement, et à choisir les voies les plus simples et les plus courtes pour arriver à tout connaître, à tout apprécier.

Quant à l'application, vous en userez suivant vos penchants, mais surtout suivant votre raison, qu'il faudra appeler souvent à votre aide dans ce monde, et l'appeler encore si elle fait la sourde oreille.

C'est en terminant ce chapitre que je dois parler d'une habitude plus fréquente aux chasses que partout ailleurs. J'entends l'habitude du cigare.

Quoique je sois fumeur comme tout le monde^ je crois qu*il y a quelques recommandations à faire à ce sujet.

On a abusé de la permission que le beau sexe a donnée ; mais il faut entrer dans le vif de la question, se poser carrément, au risque de laisser à ce chapitre un parfum de tabagie.

Il faut d'abord, comme en toute chose, être sobre de ce plaisir, quoiqu'il remplisse bien souvent le vide de la pensée et du temps.

Le cigare, de même que le feu clair de l'hiver, est une compagnie. Il fait comprendre aussi le far-niente d'Italie, la rêverie du Nord et le repos extatique de l'Orient. Si vous avez de l'agitation, de Tinquiétude, le cigare vous calme doucement; si c'est une préoccupation , il devient un lent et sage conseiller ; si vous avez un chagrin , c'est un consolateur !

Les reines des harems, les imans des mosquées, les osmanlis de tout rang» de tout âge, de tout sexe, m'ofifriraient vainement leurs pipes de jasmin, leur tabac jaune à l'essence de rose; les Mantchoux leur Gv/nga; les Arabes leur Hokhas; les cadines du sérail leur tchibouk; je les refuserais. Je ne connais rien au-dessus des cigares blonds de la Havane que m'a donnés le magnifique M. Alphonse 1 cigares qu'il fait venir de ses vastes domaines de

Cuba, où sept à huit cents noirs deOuitiée ou jaunes de TArchipel indien tâchent de plaire à cet aimable et bon mattre.

Ceci posé) ne fumez pas dans un salon, ne fumez pas dand une toitm^e où il y a des femmes comme il faut. Ne fumes dans aucun lieu où le respect interdit toutes les légèretés^ toutes les inconvenances. Sii à la campagtie, en calèdie découverte, les femmes TOUS le permettent i fumez. Si vous faites le matin une promenade hygiénique ^ fumez vottis premier cigare; Si vous sortez après le dîner polir dissiper la vapeur des vins et des mets i fumez le deuxième. Si vous revenez le soir à pied du spectacle, pour respirer» ce qui est souvent bien nécessaire^ fumez votre troisième cigare; voilà le nombre permis par la Faculté.

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