‹ La vie en Afrique, ou, Trois ans dans l'Afrique centraleChapitre 10 sur 232 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

à Zanzibar. D'un abord assez rêche, le célèbre explorateur n'est pas de beaucoup si diable qu'on a voulu le représenter. Sa brouille momentanée avec Livîngstone n'a pas altéré l'admiration qu'il professe pour cet ancien camarade de luttes, do chasses et de dangers. Quand on a rompu la glace de ce caractère, concentré et caustique par boutades, on se trouve en présence d'un cœur généreux et d'une intelligence d'élite qui, sentant tout le prix de son affection, met quelque coquetterie à, se livrer.

Le docteur Kirk, fort attaché au Roi des Belges, porte un grand intérêt à l'Association Internationale Africaine et, autant par ses conseils expérimentés que par son intervention personnelle, a rendu des services signalés à MM. Gambier et Popelin, chefs respectifs de la première et de la deuxième expédition.

Nous voyons aussi quelquefois les consuls d'Allemagne et d'Amérique, ainsi que M. Ledoulx, emménagé nouvellement dans sa demeure officielle.

Mais occupés comme nous le sommes, le temps marche trop vite et nous devons nous soustraire résolument à la plupart des invitations qui nous sont adressées chaque jour.

En effet, il est survenu de grands changements dans notre plan de campagne. Au lieu de faire séparément la route et de laisser à M. de Leu le convoiement do 'notre Steam-Laimch, M. Ramaeckers a décidé que nous ne nous séparerions pas, la compagnie Sewa-Sergère s'étant engagée à nous faire parvenir, sans pertes ni avaries, bateau et marchandises de dépôt à la station de Karéma. Il nous a fallu, en conséquence, procéder à un remaniement complet des caisses pour former notre bagage de route, clouer, déclouer du matin au soir, dresser des listes et des inventaires, repeser chaque colis, le faire assurer; enfin, une besogne infernale qui, par cette température assortie, nous met sur les dents. Puis, nous avbns eu à retenir des domestiques . de confiance et à nous procurer des ânes de solle. Pour les premiers, M. Grefiulhe a tout simplement convoqué les quatre Stouédis les mieux famés de Zanzibar et, renversant la proposition, nous leur avons dit de choisir chacun son maître. Quant aux seconds — pardon du rapprochement, — nous nous sommes vu obligés de faire arranger et accommoder à leur taille, selles, brides et sangles, établies à Bruxelles sur un type infiniment trop grand. Nos noirs valets de chambre sont entrés immédiate-

ment en fonctions et il feut voir l'importance qu'ils se donnent à Zanzibar. Férédji, le groom de M. Ramaeckers, est devenu inabordable pour ses congénères. Ea sa qualité d'ancien homme d'escorte de Stanley, il s'est attribué le chef de notre expédition et il en transmet les moindres iustructions avec une majesté souveraine. M. de Lou est échu à Abdallah, niais africain de la plus belle eau (il y a des diamants noirs). Notre photographe

H. RoBR[tT De Uelse.

(Dtuio de G. V*-i»i»B.)

est S01I3 la tutelle de Brahinio, garçon aussi largement dévoué qu'abondamment mai-fjué de la petite vérole. Pour moi, j'ai été /aroris^du choix de Daïmo, coiu-taud replet et taciturne qui. probablement pour s'éviter un service plus fatigant, s'est improvisé d'autorité mon maîtro de langue.

— Lorsque, chose rare, nous pouvons disposeï" de quelques heures, chacun tire de son cité et bat les rues à l'aventure. L'intérieur de la ville, quoique ne manquant pas d'un certain

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