‹ La vie en Afrique, ou, Trois ans dans l'Afrique centraleChapitre 120 sur 232 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

— Il nous faudra rester trais jours ilaus ce nid de brigands. C'est la règle.

Outre rétemelle question du Hongo, nau» avons à fair,; nos proTisions de bouche. M. Popelin, indépendamment de la bouteille de cognac stipulée, envoie h Simba une pièce de soie de Mascate, richement brodée d'or et, pour ses chefs, quelques pièces d'étoffe de qualité inférieure. Les vivres se ti-ouvent en abondance, surtout le riz dont nous emportons une bonne quantité.

pcitiD da A. HEIM9.)

La curiosité des habitants est extrême et nous sommes obligés de clore nos tentes pour déballer les marchandises de quelque valeur. Le bien mal acquis semble avoir encore exalté leur convoitise partagée, d'ailleurs, par leur digno souverain. Loi-s de sa visite, c'est avec un empressement avide que Simha examinait nos armes et s'en faisait expliquer le mécanisme pei"fectionné.

La nuit, nous pouvons à peine feimer l'œil. Les danses, les cm, les battements enragés des tambours se prolongent jusqu'à

Taube. Cette orgie de pillards nous donne singulièrement sur les nerfs. L'habitude du travail est si bien perdue pour le moment, qu'il faut, à coup de tamtam, avertir les hommes libres, qu'ils seront de corvée le lendemain.. Encore n'est-ce point de labourage ni de semailles qu'il s'agit, mais d'arbres à aller couper dans la foret pour compléter les travaux de défense.

Lorsqu'il n'est pas ivre, le vieux Simba a une idée très nette de la situation et c'est fort adroit à lui de tout organis3r poui^ se mettre à l'abri des représailles. Il continue à se montrer poli, d'ailleurs, et même prévenant à notre égard. Ea retour di notre tribut, il nous a envoyé un bœuf et offert de compléter notre personnel par quelques-uns de ses esclaves. Chaque matin, il vient nous voir, avant de commencer ses libations, à l'exception, • toutefois, du second jour oii, à quinze pas, il exhalait une insupportable odeur de cognac. Toute la bouteille y aura passé. Aussi bien, la tentation était trop forte poui' un conquérant de cet acabit.

— Au moment du départ, nos porteurs nous suscitent de nouvelles difficultés. Ceux fournis par Simba ne sont pas les moins exigeants. Boudant leurs fardeaux, dont ils n'ont pas l'habitude, ils les déposent à terre, s'arrêtent, en menaçant de nous faire subir de grands retards. Le pis est que nous n'avons sur eux aucune autorité. Il n'y qu'à Simba lui-même qu'ils obéissent et encore sous la menace du bâton.

Il est huit heures avant que nous puissions nous remettre en marche. Chacune de nos tentes, dont l'humidité a doublé le poids, est portée par deux hommes accouplés, mode de transport particulièrement antipathique aux Pagazis. Simba, qui assiste à nos préparatifs, nous souhaite un heureux voyage.

De plat et légèrement ondulé, — à part quelques exhaussements en forme de gradins, — le site devient fort accidenté et nous serions plus impressionnés par ses beautés pittoresques si de graves préoccupations ne nous absorbaient point. En dépit de notre conduite à la fois énergique et prudente, de nos concessions mômes, et de notre patience, une désertion .générale est à craindre. Nous courons risque de nous voir abandonnés, avec nos bagages, dans un vaste désert. Notre nouveau personnel est encore plus turbulent et plus indisciplinable que

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