CHAPITRE XIV
Staiiley auraitr-il calomnié ces parafes, ou l>ii>n l'allitinlo énergique des colouies arabes et earopoetmes ont-ullcs appui-té quelques modifications dans \os nicirs pillarde:^ at I i-ilinôus aux indigèoesï Quoi qu'il en soit, le portrait qu'il trace do In population, portrait étondu aux noirs de Kai'éma, ost loin du lu-éiiisposer à la conflancu.
« Ces établissements, a-t-il dit. dans l'intmissiiiil (iiivi',nffc,
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intitulé le Continent m'jstêrim.r, ces ôtnblisso ments ont une si affreuse répulalion que je no vois aucune ni'cessitw pour le voyaixenr de cultiver la cunnaisSiinci; lic Jeurs habilanls, :i moins qu'il ue soit en mesure de faire des sacritices inutiles en étufles et en hommes. On assure que lorsqu'ils voient passer les canots îles Oua-Djijis, ces voleurs supplient le Mou^imou de Katavi de déterminer la Msaga(mer orageuse) à les jeter à la côte . D'après la lôpende, le Mouzimou de Katavi est l'un des esprits les plus puissants des bords du Lac. Bien que très malfaisant, il a parfois îles caprices de charité. C'est ainsi qu'il lui arrive de tuer gratuilcmt-nt les buffles et d'indiquer aux indigènes l'endroit où ils les trouveront.
■ € On dit encore qu'il a contre les bandits de Ndéroh nue aniino&ité implacable et qu'il les conduit souvent à leur pi-rti>. Kn l'honneur de cet esprit, un petit cône a été appelé munt du Katavi. »
C'est pourtant au sein de celte région hostile et proclamée réfractaire à tout sentiment hospitalier, que l'Association Internationale Africaine a osé établir une de ses plus importanles stations.
Ainsi, peut-être un jour, toute l'Afrique centrale sera-t-elle directemont en rapport avec la civilisation moderne.
L'enceinte du Boma, sur laquelle se balancent, au bout de longues perches, des crânes d'hommes, de buffles et de lions, se compose d'une forte palissade et d'un fossé qui ajoute à sa force défensive. La population s'étant fort accrue, grâce au voisinage d'un Européen, servi par un personnel considérable et faisant appel aux travailleurs, il a fallu construire une nouvelle palissade pour faire place aux habitations nouvelles.
Les huttes do cette zone, concentriques comme celles du Boma primitif, s'élèvent en forme de meules de foin. Chaque propriété particulière est séparée des voisines par une clôture de joncs, ou matétés, symétriquement joints et ahgnés, qui impriment à l'aspect général un faux air de labyrinthe. Au centre se dresse le Songhèro ou Kouïkourou du Sultan Tchiata, vieillard à^ barbe grise, gros et gras comme un chanoine, à l'encontre de la plupart de ses congénères princiers, et qui semble n'avoir pas suffisamment médité la maxime arabe : < Sois sobre. Un corps trop gros maigrit l'esprit. » C'est là que trône, en compagnie de ses quatre femmes légitimes, le corpulent monarque qui s'est dérangé, en personne, pour nous Souhaiter la bienvenue. Il s'en acquitte, non pas à la manière africaine, mais en se servant de la formule arabe : Salaam ! Salaam !
Tchiata est vêtu d'un simple pagne de couleur qui laisse à découvert sa poitrine velue comme une palatine grise.
Le fait est assez rare chez les nègres de ces régions, où la barbe, même, considérée comme un signe de race, est une exception. Quelques dignitaires, eux, en costume gala et ornés de bracelets en cuivre ou en ivoire, où se balancent des amulettes, l'entourent respectueusement.
L'entrevue est courte et se borne à l'échange des politesses usuelles. Le capitaine Popelin explique au vieillard que nous sommes venus pour remplacer le Mzoungou (Européen) de Karéma et exprime l'espoir de voir se continuer les excellentes relations établies entre les deux Souverains.