‹ La vie en Afrique, ou, Trois ans dans l'Afrique centraleChapitre 132 sur 232 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

Dolce far niente, — La bibliothèque de la Station. — Revue dos marchandises en magasin. — Déballage et installation. — Précautions contre les fuurmis. — Réparations au Daou. — Bons à rien I — Pluios. — Le hamac, dans les stations. — Les phases du jour i*i Karéma. — M. Cambier se dispose à nous quitter.

— Au revoir! — Roger à ses plantations. — Chasse et travail sur toute la ligne*

— Echange de présents. — Préparatifs de réception. — La base de lalimcntalion h Karéma. — Roger à la cha^s^^ — I^ Sultan Kangoa. — Cotonnades et peaux de bétes. — Au Barza. — Le calumet du chaouri. — Tas d*abrutis ! — Les discours. — Canon et machine électrique. — La fièvre par réaction. — Pêcheurs de rOu-Fipa. — Le Cambi. — Vase prophylactique. — Le Sinnga, le Dogara, et le Mvouro. — Bonnes affaires. — Enfant emporté par un crocodile. Dégâts produits par la Massika.

Le lendemain dimanche est encore consacré au dolce far niente. Il nous semble tout étrange de nous carrer à Taise dans un home, bien à nous, et dont nous ne soyons point obligés d'acquitter le loyer par de fastidieux salamalecs.

Depuis bien longtemps, aussi, nous étions privés de toute lecture. La bibliothèque de la Station va nous offrir de précieuses ressources contre les journées de réclusion dont nous menace la saison des pluies. Elle est assez bien fournie de livres scientifiques, non encore tous dépaquetés. J'y remarque le grand Dictionnaire Encyclopédique de Vorrepierre, rexcellent Dictionnaire de Médecine de Littré, des traités de philosophie, de mathématiques, d'économie politique, de géographie, de colonisation, d'astronomie, d'histoire naturelle, des relations de voyages, etc., etc.

L'ouvrage de M. Houzeau, sur les facultés intellectuelles des animaux, y tient un rang distingué.

Nous avons aussi au complet, la collection des manuels Roret, embrassant l'ensemble des métiers d'Europe dont, pour presque la plupart, nous aurons à compléter, par nous-mêmes, l'indispensable apprentissage. Il s'agira, non seulement de nous tirer d'affaire, mais encore de former des ouvriers parmi les soldats de l'escorte. « Il en est des connaissances comme des bienfaits, a dit Young. Donner, c'est acquérir. En enseignant, nous apprenons. » Quelques ouvrages amusants et des romans fran-

çais et anglais se sont glissés en contrebande dans cette docte société. Aux hernies de spleen, nous ne leur en ferons qu'un accueil plus sympathique.

Les magasins contiennent encore beaucoup de marchandises. Une quarantaine de ballots de Mérikani sont restés intacts, représentant 8000 yards d'étofies d'usage courant, et équivalant à une somme de 2000 piastres. Nous relevons, en quantité presque égale, les étoffes de couleur fournies par les Hindis de Zanzibar ou de contrefaçon européenne, Shiti, 'Lesso, Kaniki, Barzati, Taousiri, Debouani, Déouli, Mpounga, Djoho niékoundou (manteaux rouges), etc., etc.

Trois caisses d'étoffes de luxe, destinés aux présents royaux, contiennent des vestes, des manteaux noh's ou rouges, des carrés de Réhani, de Stirbazi, do Soubaya, de Maharouma, passementés et brodés d'or. Les perles abondent. Nous en trouvons près d'une cinquantaine de frassilahs (875 kilogrammes) comprenant trente espèces différentes : Soungoumazi, gros comme des noix, Kaniéra (blanc éclatant). Boubou (noir), Katoundo gourou (rouge neutre), Samaoui (bleu clair), Madji à Bahain (eau de mer, bleu foncé), Mtounda (bleu et à forme annélée), Sellani, blanc ou rose, entrant surtout dans la confection des ceintures indigènes, etc., etc. (Les perles les plus en usage sont les rouges et les blanches). Les coquillages de parade, Cauries, n'étant pas demandés dans ce district, il en reste deux charges entières, ainsi que deux cents miroirs de poche et pas mal de clochettes et de grelots, portés par les indigènes en temps de guerre, pour la danse, ou lorsqu'ils veulent jouer au Rouga-Rouga. Une caisse de pierres à fusil, 43 rouleaux de fil de cuivre fin et 61 de gros laiton, 20 de fil de fer, des conserves, fort réduites, des munitions en voie d'épuisement, fusils, balles, poudre, cartouches, etc., composent le matériel que nous allons être en mesure de compléter largement.

— Les repas auront lieu invariablement aux mêmes heures que hier. Nous savourons à dîner un succulent rôti de buffle, flanqué de l'éternelle volaille au riz.

Longues flâneries, conversations et répétition de la besogne pour le lendemain.

Nos hommes se sont facilement casés. Pour ce qui nous

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