CHAPITRE XVll
Le le"" janvier 1881. — Tristes étrennes! — Splendeur de végétation. — Bottes.de marais. — Travaux agricoles. — Le fros des bagages. — Notre Steam-Launcli.
— Accident. — Nos richesses. — Coma. — Sef bin Rachid va acheter de l'ivou-e.
— I^s munitions. — Promenade sur le Lac. — Tembé pour les chèvres. *- Hamici Mbouzi. — Le courrier. — Travaux en soutfi*ance. — Nous broyons du noir. — Disette. — Musulman ou Chrétien ? -^ Mort du lieutenant Albert «le Leu. — Visite de Siranda . — Un véritable ami des blancs. — Contre-partie. — Expériences physiques. — Siranda dine au fort Léopold. — A Katamba. — Plages et falaises. — Volte-face. — La jungle. — Un joli village. — Pâte de maïs et poisson sec. — Nocturne. — Une indigestion,
1®^ janvier 1881. — Pour nos étrennes, nous sommes tous sur le flanc. Et dire qu'en Europe il y a des gens qui s'amusent! Roger, très philosophe, parce qu'il se porte à merveille, prétend que nous n'avons qu'à nous figurer avoir fait des folies au bal. Maudit railleur !
— Enfin nous voilà sur pied ! Mais la pluie, depuis douze joui's, n'a cessé de tomber à torrents. La campagne est inondée et partout la végétation atteint une splendeur extraordinaire.
— Nombre de voyageurs condamnent les grandes bottes, et à tort, d'après mon expérience personnelle. Elles sont destinées à rendre d'inappréciables services dans la traversée des endroits marécageux où, non seulement il est impossible de se fau'e porter par les indigènes, mais encore de cheminer à dos d'âne. Faute de les chausser, avant de traverser les marécages, on a les jambas tailladées par les herbes aiguës dissimulées sous la vas3, et qui vous coupent la peau comme autant de rasoirs. En temps de marche, pendant la saison sèche, les bottes ne sont point d'une utilité absolue. Mais à poste fixe, dans une station régulièrement organisée et dont il faut surveiller les services multiples, il devient presque impossible de s'en passer. Lorsque écheoit l'époque de laMassika, la plupart des chemins sont convertis en cloaques.
Cependant il faut avoir l'œil à tout, et comme le dit lo proverbe