CHAPITRE XVIII
même, dont M. Sargère répond d'obtenir prompte justice. Quel pays d'arbitraire et de désordre que C3lui-ci !
— Décidément M. Ramaeckcrs ne veut, ou plutôt ne peut conserver qu'une soixantaine d'hommeâ de notre nouveau contingent. On a heureusement obtenu le désistement d'Amir qui repartira avec sa troupe pour Tabora, où, sur un bon en règle, il pourra se procurer les étoffes qui lui sont dues. 11 nous aurait été impossible de nous dessaisir de celles que nous possédons en magasins, en quantité déjà insuffisante. A notre grande surprise.
Le DjémaDiir Gban Mouaued.
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l'impérieux Béloutchi s'est montré de bonne composition. On dirait même qu'il ne demande pas mieux que nous planter là pour poursuivre quelque affaire plus lucrative.
Les pourparlers avec Ghan Mohamed ont offert plus de difficultés. Se iondant sur les conditions, faites en notre nom par M. Greffuhle, il n"a consenti à un nouvel accord qu'après de fastidieuses négociations, pendant lesquelles notre chef s'est montré admirable de patience, d'adresse et de ténacité.
Grâce au nouveau contrat, au lieu de 5 mois, seulement, la troupe du Djémadar en restera 31 à Karéma, ce qui nous con-
duirajusqu'àTépoque à laquelle nous comptons bien avoir terminé tous nos travaux.
Voici, d'ailleurs, les articles acceptés et signés à la date du 7 avril 1881 :
1» Séjour de 21 mois au Fort Léopold, c'est-à-dire, jusqu'au 31 décembre 1882;
2" Travail obligatoire de 6 heures du matin, jusqu'à 2 heures de l'après-midi, avec un repos tous les 7 jours ;
3. Réduction du Posho de 5 dotis, à 3 et 3/4 dotis par mois ;
4. Solde, payable à la côte, de cinq piastres par mois et par homme.
Tout est bien qui finit bien !
Une recrue tout aussi importante,c'est celle de SefbinRachid, dont l'engagement avec Séwa est terminé, et qui passe à notre service spécial avec ses 20 Askaris. Il nous fallait absolument un homme, tout à nous, actif, intelligent et dévoué, qui se chargeât de nos ravitaillements, de nos courriers particuUers, de nos fourrages, enfin du recrutement éventuel d'hommes libres ou d'esclaves, nécessaires au complément de nos travaux. Et nous ne pouvions mieux tomber.
10 avril. — Après un repos de quelques journées, réclamé par les menus détails d'installation, les travaux commencent aux roulement du tambour. La pluie ne tombe plus que par intervalles, et les Askaris de Ghan Mohamed peuvent déblayer, au moyen de houes, les herbes qui ont envahi les abords de la Station. Ils semblent s'acquittsr un peu à contre-cœur de leur tâche, habitués qu'ils sont à considérer le travail de la terre comme besogne d'esclaves. Or, ces derniers mêmes, du moment qu'ils se trouvent mêlés à des hommes libres, affectent le même dédain pour tout ce qui touche à l'agriculture. Mais, somme toute, ils s'exécutent, et nous n'avons pas trop à nous plaindre de leurs débuis.
M. Ramaeckers a résolu de poursuivre, avant tout, la construction de notre Maison Centrale, en respectant scrupuleusement les plans du capitaine Gambier.
Je me vois préposé à la fabrication des briques, mais c'est une affaire d'Etat que l'organisation de ce travail, chez nous élémentaire.