‹ La vie en Afrique, ou, Trois ans dans l'Afrique centraleChapitre 177 sur 232 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

Haïssables k ta largeur des empreintes et aux /a{££^£,s3mblables au crottin de quelque gigantesque choval.

— Vers huit heures du matin, nous dépassons Olianda. Les habitants nous entourent et ont, avec dos porteurs, certains conciliabules, dont lo sujet ne tardo pas & nous êtrj expliqué. Kn effet, au bout d'un quart de lieus, nous voyons les Pagazis déposer leur fardeau.

Ils refusent rèsolumant d'aller plus loin, certains, prétendentils, d'être assassinés par les gens de Kaloungou.Ni exhortations ni menacos n'ont raison de leurs terrdurs.

(Rtnla de A. Itux* )

Le désordre augmente à l'arrivée d'un indigèna d'Ohanda, dépêché sur nos traces par le Sultan.

Cet homme est chargé de nous avertir que dos troupes do Rougas-Rougas campent à Kaloungou, dont ils infestent les environs. Une petite caravane comme la notre courrait, nous mande-t-il, au devant de sa perte en os^citant témérairement leur cupidité.

Je ne fais que rire de C3t avis, car Foriian me répond d3 ses hommes.

Mais nos porteurs, décidément saisis de paniqua, prennent la fuite dans ta direction du village. Je les attends vainement jusqu'au soir, et me trouve obligé de camper on plein Pori.

— Avec ma petite escorte, nuit d'alertes I

Jamais les hyènes ne se sont montrées plus nombreuses et plus affamées.

L'une d'elles a poussé l'audace jusqu'à s'introduire dans ma tente et à enlever, sous le lit même où je reposais, un reste de volaille réservé pour mon déjeuner. Les cris des hommes m'ont réveillé en sursaut. Je leur ai recommandé d'efirayer la bande rapace, en lui jetant des tisons enflammés. Mais les hyènes revenaient toujours à la charge. J'ai pu cependant me rendormir. Quant aux Askaris, ils ont été toute la nuit sur pied.

A toutes mes sonunations, les Pagazis répondent par un refus catégorique.

J'ai envoyé plusieurs fois pour les rappeler au devoir, mais les drôles, se sachant entourés d'amis, se moquent de mes injonctions. Il est évident, pour moi, que les habitants exploitent cette couardise pour me forcer à remiser mes bagages à Ohanda. Et c'est par là que je me vois bien forcé de passer. Leurs premières prétentions sont énormes. Ils demandent un fusil, de la poudre, des balles, etc.

Toute la matinée se perd en impatientantes négociations. Finalement, je consens à me dessaisir de 10 dotis d'étoffe. Boniface, encore un peu souffrant de ses blessures, restera commis à la garde de nos modestes trésors. Encore quelques saignées comme celles-là, et je n'arriverai jamais à destination. Mais j'aurai soin de faire connaître au capitaine Ramaeckers la défection de mes Pagazis, afin qu'il se fasse restituer l'étoffe payée en ti*op. 11 serait d'un détestable exemple de nous laisser gruger ainsi.

Nous voilà donc, sept hommes, seulement, mais bien armés et résolus pour pousser jusqu'à Simba, oii je trouverai, il faut Tespérer, des porteurs plus braves et plus honnêtes.

Le danger fùt-il réel, je ne pouvais m'y arrêter. On ne ferait pas un pas, dans ce pays de larrons et d'assassins, si l'on prêtait Toreille aux bruits alarmants propagés le long de la route.

— La nuit est tombée et il fait un clair de lune superbe. Aux abords do Kaloungou, nous prenons toutes les mesures d3 prudenc3 commandées par la situation. Ce village jouit, en effet, d'une réputation détestable et il y a lieu de se tenir sur ses

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