‹ La vie en Afrique, ou, Trois ans dans l'Afrique centraleChapitre 23 sur 232 · CHAPITRE IIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IIL

Le Daou. — Un coup de soleil. — Débarquement. — Chez Sewa, THindi. Premier accès de fièvre. — Soins fraternels. — Le Père Etienne, de la Mission Catholique du Saint-Esprit. — Bagamoyo. — L'expédition allemande. — Organisation d'une caravane. — Soldats et porteurs. — Prix courants. — La guerre dans l'Ou-Nyaniembé. — Mort d'un Père Algérien.

— Ordre de marche et Code de voyage. — La Mission du Saint-Esprit. — Apôtres et pionniers. — Une fortune en cocotiers. — Un missionnaire nègre.

— Le frère Oscar. — Léopard domestique. — A table!

Le Soleil brille incandescent dans Téther, ne marquant pas moins de 36 degrés à l'ombre. Inutile de dire que nous en sommes fort incommodés sur le pont de notre primitive et antique embarcation.

Pour la première fois nous avons revêtu notre costume de voyage : chemise et ceinture de flanelle, veston de Driiling blanc (toile à voile ordinaire), pantalon de Cheviot, avec guêtres, bottines lacées, etc. Sur la tête, le casque en moelle de sureau apporté de Bruxelles. Par parenthèse, cette coiffure, à bords étroits, ne nous abrite guère et, personnellement, je réchangerais volontiers contre un modeste turban flanqué d'un chapeau do paille.

Outre le Winchester à 14 coups, le revolver de combat et la boîte à cartouches, fixés à la ceinture, nous portons, passé sur Tépaule gauche, un sac-pupitre, contenant tout ce qu'il faut pour écrire.

Le pont de notre Daou est abrité, comme presque tous les types d'embarcation de l'Océan Indien, d'un toit formé de planches, de paille et de nattes, reposant sur le bordage. Une petite cabine est ménagée à l'arrière. Dessous, avec nos colis personnels, se tiennent les six ânes achetés à Zanzibar pour les besoins de l'expédition, et qui, moins émus que leurs nouveaux maîtres, se regardent philosophiquement en mâchonnant leur provende.

Couchés près de nous, sur la terrasse inclinée du bateau, avec les hommes d'équipage, nos domestiques noirs sont livrés aux délices du far niente. En attendant de mettre leur activité à

Page 1