‹ La vie en Afrique, ou, Trois ans dans l'Afrique centraleChapitre 30 sur 232 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

les doDger-s de votre apostolat aux dignités ecclésiastîques.Et ce n'est pas tous qu'on taxera jamais d'intolérance, du cupidité et d'ambition.

Ux r[taPR.Il!TAlllE INDIUÈNE,

(D^ssia de R. WvTaMAX.)

La Mission du Saint-Esprit se compose rie quatre ou cinq pères et d'uu nombre plus élevé de frères, tous rivalisant de zèle et d'activité. Parmi ces derniers, so trouve un nègre do l'ilo Bourbon, fort intelligent, et qui prêche d'exemple aux hommes de sa couleur. Il serait à délirer qu3 les missions africaines

eussent beaucoup de pareilles recrues, inappréciables inteimédiaires entre la Race Blanche et la Race Noire.

Ainsi que nous Tarait dit le Père Etienne, chacun exerce ici une spécialité. Agriculteurs, artisans et éducateurs, les Missionnaires pourraient, au besoin, se passer complètement de l'Europe, à laquelle ils envoient les produits dus au seul travail. Une de leurs figures les plus originales est le frère Oscar, Nemrod en soutane de la Communauté. Il faut Tentendre s'exalter en parlant de chasses à l'hippopotame, au crocodile, au zèbre, à la girafe, etc. Le gibier d'Europe lui inspire le plus profond dédain. A lui seul il approvisionnerait la Mission si le Père Supérieur ne refrénait prudemment des instincts cynégétiques qui ont failli récemment coûter cher au frère Oscar. En effet, son fusil ayant éclaté, lui a cassé le bras droit qu'il porte encore en écharpe. Pour tromper ses ennuis, il n'a rien trouvé de mieux que d'aller dénicher un jeune léopard dont il fait l'éducation. L'animal partage sa chambre et le suit partout comme un chien. Reste à savoir s'il persistera dans sa docilité. Le fi'ère Oscar est encore principalement chargé de rassembler les collections forestières, minérales, en tomologiques, etc., expédiées en Europe.

Après nous avoir fait visiter en détail les cultures et les ateliers do la Mission, le Père Bauer nous invita gracieusement à dîner. Et comme nous faisions mine de refuser, nous rejetant sur l'embarras que nous causerions peut-être à la Communauté : « Je vois ce que c'est, reprit le Supérieur. Vous craignez que nous ne vous fassions maigre chère. Rassurez-vous. Nous ne sommes pas des cénobites. Lejeûne et les macérations peuvent convenir auxrehgieux perdus dans la seule contemplation divine, mais au prêtre qui lutte et qui travaille, il faut un régime sain et réconfortant. Nous avons fait un extra pour vous et il serait cruel de nous empêcher de le partager. Dieu ne voit pas d'un mauvais œil que ses créatures fassent usage des dons qu'il leur prodigue. Un honnête régal ne peut que le réjouir, quand ses serviteurs savent éviter l'excès et ne s'assoient à table qu'après une journée vaillamment remplie. A^ous ne ferez, d'ailleurs, que trop tôt connaissance avec les privations que réserve à tout voyageur blanc cette terre inhospitalière. Vous aussi, vous allez en Mission, et ce sont des frères qui vous offrent le repas des adieux. >

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