CHAPITRE IV
tionni, mais l'éprouve de la traversée de Zanzibar à Bagamoyo , à la suite Ho laquelle j'ai bien failli ne pas faire partie de la présente expédition, nous a suffi,
Sewa l'Hindi nous a ti-ouvé dans le bazar d'un marchand portugais, d'immenses chapeaux également on moelle de sureau.
mais poun'us de larges bords sous lesquels nous paraîtrions peut-être fort grotesques aux yeux d'un dandy européen, mais qui nous reudront, certainement, pendant la route, les meilleurs services. (Dans la suit^ je me suis ceint la têto d'un fin turban, surmonté d'un feutre léger. Eu fait de coiffure, c'est ce que j'ai expérimenté de plus pratique. Les voyageurs pour l'Afiiquo Centrale qui m'imiteront, s'en trouveront bien.)
Le irère Oscar, qui a laissé son félin à la Mission, est venu
pour nous faire un bout d'escorte. Lui et M. Barizon nous accompagneront jusqu'au Kingani.
Nos porteurs Pagazis, avec charge entière, et les Askariî^ avec demi-charge, s'en vont par escouades. Ces derniei's, dont une cinquantaine armés de Remingtons et les autres de fusils à capsules, se livrent à des feux de peloton qui ont pour résultat de faire accourir toute la population indigène. Parents et amis ne se dissimulant point les dangers que nous avons à affronter, viennent adresser aux voyageurs noirs leurs souhaits de retour et nous bénéficions de l'intérêt général. On nous salue chaleureusement de l'adieu africain : « Koi Héri! Boina! i^ Bonne chance et au revoir, maître !
Gomme la caravane ne recevra son organisation définitive qu'à partir de Bighiro, lieu de partance réel, nous marchons de concert, montés sur nos ânes, dont les allures indolentes ne tardent pas à nous fatiguer. Un bon cheval ferait mieux notre affaire, mais impossible d'en conserver dans ce pays.de mouches venimeuses, de taons et de fourrages de haute fantaisie.
Une chienne d'un jaune roux qui, depuis notre arrivée à Bagamoyo, nous a pris en affection, s'est échappée, pour nous suivre, de la maison de son maître. Portugais de Goa. Fuyant les nègres de l'escorte, qui éprouvent poui' son espèce un profond dégoût, elle se serre instinctivement auprès des Européens dont elle a pu apprécier, déjà, la bienveillance et la largesse. Nous l'adoptons comme gardienne de nos bagages et la baptisons pompeusement du nom de Simba (Lion). Celui de Renard lui conviendrait mieux, mais ni le nom, ni l'animal n'existent dans cette partie de l'Afrique.
La campagne de Bagamoyo ou Chamba Gonéra^esi en ce moment desséchée et flétrie, mais à la Massika prochaine, elle se couvrira d'une luxm'iante végétation. Au bout d'une petite lieue, nous arrivons à une mare d'eau noire et croupie où nous enfonçons jusqu'à la ceinture. Aussi, le fidèle M. Barizon se décide-t-il aisément, sur nos instances, à rebrousser chemin. Pour ceux qui ne sont pas absolument obHgés de la suivre, la route doit offi'ir peu d'intérêt. Tel n'est point cependant l'avis du frère Oscar : « Fameux pays pour la chasse ! dit-il. Si je pouvais me servir de mon bras, je ne résisterais pas au