‹ La vie en Afrique, ou, Trois ans dans l'Afrique centraleChapitre 40 sur 232 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

respectable de côtelettes. Enfilêsà des broclieltes de bois, ficliêos eo terre, grillent doucement les morceaux du cœur et du (oie, entremêlés de parties graisseuses.

Typbh u'Antilopbs '.Datiin do A. Hecri.)

Réhanî et ses deux noirs gâte-sauces, accroupis près d'autres foyers, disposés de la même façon, surveillent attentivement les diverses casseroles, où mijotent le potage aux conserves européennes de pommes de terre, de petits pois et de haricots, le Ptlaou de riz et de volaille, et les patates douces cuites sous la cendre !

On n'attendait plus que nous. Nos quatre domestiques, en chemise blanche, qui, depuis longtemps déjà, ont dressé la couvert sous la tente commune, aux portières relevées, donnent le signal du festin : « Pakoua ! Pakoua ! Tchakoula tayari ! »

Servez, servez, tout est prêt!

Et nous dînons du plus formidable appétit que nous aj'ons peut-être montré jusqu'à ce jour.

Au dessert, composé de bananes, d'oranges et de citrons doux, emportés do Bagamoyo, M. Sergère entre dans de plus amples détails sur les motifs qui le poussent à s'établir à poste fixe à Tabora.

Il espère y faire concurrence aux Arabes dans l'achat de l'ivoire.

Mais, quoique muni de firmans en règle du Saïd, auprès du gouverneur Abdallah bin Nassib, l'associé de Sewa n'est point, sans inquiétudes au sujet de l'accueil qui lui est réservé.

L'Arabe est fort jaloux de ses prérogatives commerciales, et l'autorité du Sultan de Zanzibar pourrait bien être impuissante dans des régions à l'abri de tout contrôle immédiat.

M. Sergère a engagé de grands capitaux dans cette scabreuse entreprise. Il y a deux mois, est déjà partie, pour son compte, une grande caravane composée de plus de mille porteurs, chargés de ballots de Mérikani (forte cotonnade, l'emportant en solidité sur le Satini de Manchester).

Un des plus grands Tembés (habitation arabe) de Tabora a été acheté par son ordre et préparé à recevoir ses marchandises.

Vers la même époque, un des amis particuhers de M. Sergère, le Marseillais Bloyet, capitaine de navire marchand, a été chargé par le Comité français de l'Association Internationale Africaine, d'établir une station dans les montagnes de l'Ou-Sagara, où l'ont accompagné seize Beloutchis, composant la future escorte de M. Sergère.

— M. de Leu va mieux. Aux frissons a succédé une phase de chaleur ardente, mais la peau n'a point encore repris sa moiteur.

Il continue à garder le lit.

Le lendemain, seulement, vers trois heures de l'après-midi, après une forte transpiration, il peut se lever et faire dans le camp une courte promenade.

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