‹ La vie en Afrique, ou, Trois ans dans l'Afrique centraleChapitre 42 sur 232 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Bande à part. — Ordre de marche. — La rhétorique de M. Sergère. — Fifre et tambour. — Le Mganga de Bighiro. — Sorciers marrons. *- Kingati. — Toilette et petite lessive. — Concerts de hyènes. — Mbiki. — Gibier humain. — Indiscipline. — Les qualités d'un voyageur. — 0 sainte Patience! — 1-es lieutenants. — Sahagati. — Pluie! — Une chute. — Poncho et... grog froid. — Les vêlements imperméables. — Traînards. — Un brave homme de Sultan, — Yambo Boina ! — Lea marchands d*ivoire. — Nouvelles de M. Bloyet. — L'étemel féminin. — Sous l'égide d'un fétiche. — Repos. — Décortication du riz. — La Moutama. — Désertions. — A travers ronces et lianes. — Coliques. — Kisémo, — Fête agricole. — Les pourvoyeurs d'esclaves. — Madagori. — Le serpent indicateur. — Combat singulier. — Le coup du lapin. — Détails pratiques.

Le 26 au soir, la plus grande partie de nos hommes sont rentrés et quelques-uns, seulement, font défaut le lendemain, à la première heure.

Comme dans ces parages, la route est à peu près sûre, nos Pagazis sont partis en avant, dès trois heures du matin, par la route de Rosako, sans même avertir le capitaine Ramaeckers. Cette séparation momentanée a plusieurs motifs. Au début d'une expédition, soldats et porteurs ne s'entendent pas toujours fort bien et préfèrent marcher le plus longtemps possible par groiïpes distincts. Il y a encore la question de ravitaillement. Une caravane trop nombreuse ne trouve pas toujours dans un seul village des vivres à suffisance. En cela, comme en beaucoup d'autres choses, on doit se plier aux usages et se fier à Texpérienco pratique de ses hommes. A l'approche des régions hostiles, la fusion s'opérera nécessairement, car les Pagazis n'étant généralement armés que d'arcs, de flèches et de lances, no s'exposeront pas sciemment au danger.

Soumis au système de la demi-charge, nos Askaris suffiront au transport des petites caisses, des menus colis, des objets de campement, des premières provisions de route, riz, poulets, conserves, etc., etc., enfin des marchandises-monnaies, servant, tant à couvrir nos dépenses personnelles qu'à payer à l'escorte le Posho^ solde d'une chouka d'étoffe, par homme, et

par quatre jours d'entretien. Les Pagazis sont chargés des gros bagages, ballots de Mérikani, do Satini, d3 perles, etc., auxquels on fera plus tard de larges saignées pour acquitter les Hongos, réclamés par les moindres chefs d'au delà de la Mission Anglaise de Mpouapoua, établie sur les confins de l'Ou-Gogo. Ils portent encore des marchandises et des provisions de réserve qui nous seront nécessaires à Karéma,en attendant la caravane de la C*® Sewa-Sergère.

Les apprêts du départ nous réveillent, et nous voyons partir nos hommes, leur Kirongozi en tête, sans aucune des bruyantes démonstrations que les gens armés de l'escorte croient de nature à rehausser leur caractère martial.

Ces derniers sont presque au complet lorsque le jour se lève. Les autres nous rejoindront en route. Pour les remplacer provisoirement, Saïd-bin-Salem, notre Akida en chef, recrute quelques Gombozis, porteurs indigènes engagés pour une ou plusieurs étapes, aux frais des retardataires.

— Notre premier repas est simple. Café et biscuit, riz cuit à l'eau et sucré au miel, ou bien encore qualqui léger morceau de viande. On ne se départira point de cet ordinaire, conforma aux lois de la prudance. L'escorte, elle, n3 prend généralement rien jusqu'à l'étape. Notre gourde, remphe d'eau mélangée da café, nous donnons, vers sept heures et demie, le signal du départ. (Malgré cette précaution il est bon de s'habituer courageusement à lutter contre la soif et d'éviter tout ce qui pourrait la provoquer. Un simple caillou, une herbe mâchée suffisent à entretenir la salivation et à diminuer la sensation de soif, de moins en moins persistante).

Lo pays continue à être fort giboyeux. Gazalbset antilopes s'élancent des halliers à notre approche et égaient I3 site africain de leurs gracieuses évolutions. Los arbres sont pleins d'écureuils.

Aulicu de cheminer de compagnie, commo avant Bighiro, nou:i avons pris notre rang respectif, M. de Leu à Tavant-garde, le capitaine Ramaeckers et M. De M3use au centre et moi, fermant la marche avec M. Sorgère, auquel sa connaissance parfaite du Ki-Souahili a fait préférer ce poste. Mon compagnon s'entend fort bien à stimuler les indolents et, lorsque la persuasion ne lui

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