‹ La vie en Afrique, ou, Trois ans dans l'Afrique centraleChapitre 69 sur 232 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

dages, poiDt de trafic sérieux. D'ailleurs, nos liâtes ont tout intérêt à prolonger notre séjour parmi eux et h pousser, par tous les moyens possibles, & la consommation.

Baobau du L'Ou-Qoao.

(Dauin da R. Wttuuh.)

Ce n'est que le lendemain, de bonne lieure, que les délégués du Sultan font leur apparition. Ils sont au nombra do trois, drapés d'une chouka d'étoSu qui, nouée sur l'épaule ilroitu, passe sons l'aisselle du bras gauche. Le Chaouri a lieu sous

Tabri de feuillage, avoisinant le tembé de notre Àkida en chef, et où ce dernier se tient ordinairement pour avoir Toeil sur ses hommes. N'ayant rien à voir au règlement du Hongo, et encore peu ferrés sur Tidiome Ki-Souahili, nous ne pouvons juger de discussions qui se prolongent jusqu'au coucher du Soleil, sans que le visage des infatigables discoureurs se départe un seul instant de son impassibilité voulue. Saïd bin Nasr finit par offrir, en tout et pour tout, 6 dotis de Sahari, cotonnade à raies de couleur, imitée de certaines soieries de Mascate, 2 dotis de Mérikani et une certaine quantité de fil de cuivre. Quoiqu'il sache fort bien qu'il n'en sera point quitte à si bon compte, le Djémadar proteste qu'il lui est impossible d'accorder davantage. Les délégués se retirent tranquillement, sans hasarder de nouvelles observations ; mais le soir même, l'un d*eux revient, rapportant les objets refusés par le Sultan. Désormais il n'y aura plus de Ghaouri, la tradition exigeant que le Monarque et ses chargés de pouvoirs feignent le mécontentement et le dédain. En revanche, les Akidas font continuellement la navette du campement au Tembé royal. Saïd, qui a feint de réfléchir, en vertu d'un proverbe, bien arabe, celui-là, € la nuit porte conseil, » renvoie les marchandises en en tierçant la valeur. Le Sultan s'en tient à S3s premières exigences. Allées et venues des Askaris. Ce n'est que le surlendemain, à quatre heures, après d'interminables protocoles, qu'intervient l'accord définitif dont voici le détail :

11 dotis de Mérikani, grande largeur ;

4 dotis de Kaniki, soit 2 pièces entières ;

27 pièces de Sahari, de Mdébouani et de Barouadji ;

1 fusil ;

1 barillet de 10 livres anglaises de poudre ; 18 livres de fil de cuivre ;

5 livres de perles ; 1 veston de serge.

Ce veston de serge, ayant appartenu à notre ami De Meuse, est réclamé avec instance par le premier ministre, en conclusion du marché. C'est l'usage de demander ainsi un objet de fabrication européenne « Kou-kata manéno », afin de couper les paroles. Pour la première fois de notre vie, nous jouissons du spectacleétonnant d'un personnage officiel, heureux de remporter une veste I

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