CHAPITRE VIII
monarques titulaires virent littéralement au compte des caravanes rançonnées par eux.
Nous campons à Poungouzi, dbtaut de trois lieues de Maouarra.
Askaris et porteurs se plaignent souvent de maux de tête et ils emploient pour s'en guérir un moyen assez original. Une
Candacleac* ds ta CsriTano deg Elépbanls. (D'apF«i d«9 Photographiai.)
corne de chèvre, appliquée en guise de ventouse, sur les tompi,>s, les rend, au bout de fort pou d'instants, frais et dispos,
La journée a été chaude et, malgré la brièveté de l'élaiie, nos fronts sont baignés de sueur. Celui qui s'en tiendrait au mouchoir de poche ordinaire, en devrait emporter une terribli; provision. Pour ce qui me regarde, je fais exclusivement usage de foulards de soie et m'en trouve à merveille. Nous en avons chacun une douzaine. (La mienne m*a duré jusqu'au retour, sans que les nombreuses lessives eussent fait perdi-e à la soie de sa solidité et de son brillant.)
— Gomme je l'ai dit, beaucoup de nos Pagazis sont accompagnés de leur petite famille. Une galanterie anli-hygiénique, léguée par les temps chevaleresques, a fait de nos femmes des êtres faibles, abusivement sédentaires et détournés de leur développement normal. Pendant que les hommes se trempaient aux rudes entraînements de la guerre et de la chasse, châtelaines, suivantes et bourgeoises se renfermaient dans des manoh's ' ou dans des bâtiments insalubres, mal ventilés, ne s'occupant qu'à coudre, filer, broder, etc., sans participer aucunement aux avantages de la vie en plein air, menée par nos aïeux. Seule, la femme serve, vouée aux travaux des champs, conservait quelque robustesse et, certes, n'étaient les faminas, les exigences du Seigneur et les déprédations dos routiers, se serait estimée heureuse de ses destins.
La tradition s'est étendue jusqu'à nos jours, au grand préjudice de la race tout entière, et règne plus généralement encore en pays mahométan, où l'oisiveté, fruit de la réclusion, constitue en quelque sorte une vertu aristocratique. Et cependant, bien mieux que l'homme, sa compagne semble faite pour se charger de certains fardeaux. Quel ouvrier résisterait au poids d'un enfant supporté intrépidement, et comme sans effort, pendant de longues heures ? Qui de nous traînerait après lui l'encombrant attirail de paniers, de paquets, de cartons, dont la moindre voyageuse s'entoure comme à plaisir, et dont elle affecte de garder une partie sur les genoux, lorsqu'elle pourrait les déposer à côté d'elle ? Cette réflexion, je me la suis faite souvent, en me demandant si la prétendue faiblesse de la femme n'était pas un dangereux préjugé ? Et en effet, à voir la belle santé de nos paysannes, on a le droit de se demander si eUes ne se trouvent pas plus heureuses que les indolentes petites maîtresses des classes privilégiées ?
En Afi'ique/pays sauvage et barbare, les deux sexes se partagent également les charges de la vie'. Aussi, le chef de caravane engage-t-il de préférence des soldats et des porteurs accompagnés de leur maisonnée. Loin de retarder la marche, les femmes arrivent les premières au lieu de campement, où elles sont investies du soin de préparer YOugali de leurs hommes dans les marmites de terre ou de métal qu'elles portent sm* la tête. J'en ai vues qui, outre leur batterie de cuisine, calée dans