‹ La vie en Afrique, ou, Trois ans dans l'Afrique centraleChapitre 76 sur 232 · CHAPITRE iX · texte numérisé non relu

CHAPITRE iX

Traidemblablement l'avait dérobé et auquel il a fallu donner, en récompense, 9 dotis de cotonnade 1 Toute monture, ou pièce do bétail, qui s'éloigne un peu du camp doit ainsi payer rançon. On est certain de voir revenir l'animal sous la conduite d'un indigène, qui exige effrontément une grasse indemnité. Ne fant4l pas faire payer aux étrangers les portes essuyées du

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(DtMin de O. Vu<*Mx.)

fait des Oua-Hés, fort amateurs de bétail et dont nos rolcurs au petit pied ont une pour bleue ?

— Le lendemain, troisième Hongo à Tchamounio, distant de 3 lieues à peine, et oii nous sommes obligés de bivouaquer. Cetle fins, nous ne payons que 3 dotis, ayant affaire, sans doute, h un Sultan de troisième ordre. — Tchamounio est situé dans la direction de rOuestSud-Ouest,

Les marches, pendant les fortes chaleurs, provoquent souvent aux pieds, encore mal aguerris, des cloches qu'il est prudent de ne pas laisser s'ulcérer. Contre cet inconvénient, il y a des moyens préventifs et curatifs. D'abord, pour les gens à épiderme délicat, ne pas se mettre en route saas graisser ou huiler ses chaussures, ce qui unit à l'avantage d'éviter des frottements trop rudes, celui de conserver au cuir môme son élasticité et sa résistance. Lorsqu'une irritation se produit, ou que la peau se lève, il faut enduire l'intérieur de ses bas de savon mou ou de graisse, et casser un œuf cru dans ses souliers. Il est bon, aussi, au cours de la marche, de changer de pied, ses bas ou ses chaussettes. La cloche formée, on y applique un peu de suif et d'alcool, et une seule nuit suffit à la faire disparaître entièrement.

— L'an 1298 de l'Ère musulmane se termine aujourd'hui, 6 septembre, mettant fin au Ramazan, ou mois déjeune, pendant lequel tout Adèle croyant est tenu de s'abstenir de boire et de manger avant le coucher du Soleil. L'observation rigoureuse de cette loi du Koran, constitue pour la plupart de nos hommes une lourde privation, d'ailleurs supportée avec courage, mais qui, jointe aux fatigues de la marche, pourrait bien être pour quelque chose dans leur indocilité et leur mauvais vouloir. L'homme qui voyage et qui travaille doit réparer à temps ses forces, toujours sollicitées, et il est vraiment absurde d'étendre aux gens du peuple, vivant déjà si sobrement, des prescriptions bonnes seulement pour la classe aisée, forcément rappelée à la tempérance. Mourants de soif et affamés, porteurs et soldats de l'escorte étaient obligés de prendi*e sur leur repos pour préparer et manger dos repas trop abondants, dont la digestion laborieuse troublait leur sommeil et qui les rendaient peu disposés à reprendre, le lendemain, leur route et leur fardeau. Mais nous n'aïu'ions eu garde d'intervenir en pareille matière! Le scepticisme religieux n'a que faire ici et Mahomet a bien jugé de son peuple en proclamant l'immuabilito de sa doctrine.

Pour dédommager la caravane de sa longue abstinence, le capitaine Rainaeckers lui fait cadeau de deux bœufs, achetés sur place. Il y a Kermesse, comme on dirait en pays flamand !

— Marche nocturne qui nous conduit, en cinq heures, à Pembia. Il en est huit.

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