CHAPITRE IX
\es épaules, et ae gardent de cacher certaines parties du corps, Tëputées nobles comme chez les anciens Romains.
S'ils l03 dérobaient aux regai>ds, on les ci-oiraicnt atteints de quelque aCTection cachée, et ils ne trouveraient plus, dans la Iribu, de femme qui voulût d'eux.
Nulle immodestie dans cette coutume, digne de l'àge d'or. Les mœurs, a dit Victorien Sardou, sont une question do latitude ! Auprès de nos déshabillés d'opéi-ettes et de ballets pantomimes, le nu a&icain semble, d'ailleurs, très digne et très décent.
ZâBu Atiucain.
(Deuin ds A. Heink.)
Les jeunes gens non mariés, sont l'econnaissables & un petit carré de peau de chèvre, tout k fait semblable au tablier blanc du premier grade maçonnique. Seulement, ces apprentis, d'un autre genre, le portent attaché à la ceinture et retombant sur.... les faubourgs du dos.
Tous ont le corps peint en rouge avec des ornem«nts tracés dans la couleur même. Mais je n'ai point remarqué chez eux, les tatouages en relief, exhibés pai-tout ailleurs, dans le centre de l'Afrique. Ces derniers, d'une opération très douloui-euse, s'obtiennent en pratiquant dans la peau, pressée entre les deux doigts de l'opérateur, une série d'incisions, enduites, pomempêcher la suture, d'un mélange de cendres et d'huile do palme. La cicatrisation venue respecte le relief, accentué au besoin, par des cendres introduites sous la peau et par l'ablation
complète de certaines parties épidermiques. Les malheureux soumis à ces tortures ne sourcillent pas, mettant en pratique le dicton européen : « Il faut souffrir pour être beau. >
Le rouge et le beurre entrent ici pour une large part dans la toilette masculine. Les Oua-.Gogos en ont jusque dans leurs longs cheveux, auxquels ils enlacent des cordelettes, de fines couiToies de cuir, des perles et des chainettes, retombant jusque sur le dos. Mais ce dernier ornement se porte surtout dans le lobe perce de Toreille, ainsi que nous Tavons vu en quittant Mpouapoua.
Leurs rouges tembés, n'ont aucun rapport avec les huttes, en forme de miule de foin, d'autres peuplades rencontrées précédemment. Ils consistent en grandes constructions basses, carrées, pourvues de cours intérieures, oii le bétail est rentré avant la nuit.
Sans ventilation suffisante, infectés par des détritus organiques de toute espèce, non moins que par la vermine, ces tembés constituent d'affreux séjours, à l'atmosphère irrespirable. On y marche littéralement sur les rats et sur les araignées.
A la fois vaillants et superstitieux, hommes et femmes s'y renferment, aux premières ombres, et n'en sortiraient qu'au cas d'incendie. N'a van t aucune idée de l'immortalité de l'àme, ces peuplades, au fond parfaitement athées, admettent la survie des ombres de leui»s frères défunts. Même les animaux malfaisants ne meurent pas tout entiers ; ils reviennent en esprit pendant quelque temps, avant de demander leur congé définitif au Néant.
Si l'on n'avait pas besoin de s'approvisionner à chaque étape de vivres frais. Userait facile d'éviter la perception duHongo, en passant de nuit devant les villages. Les plus déterminés guerriers de la tribu n'auraient garde de sortir pour vous ban*er le chemin, et le lendemain on camperait tranquillement sur un nouveau territoire.
Malheureusement, toutes les tribus ne sont pas si timorées, et c'est de la nuit principalement, que les Rougas-Rougas Oua-Hés profitent pour se mettre en embuscade.
Les Oua-Gogos ont probablement emprunté leur cri de guerre aux hyènes qui pullulent dans cette partie de l'Afrique. C'est une espèce d'aboiement prolongé, terminé brusquement par un coup de fouet : Ou-ou-ou-ou-oué ! Ces cris de guerre sont,