‹ La vie en Afrique, ou, Trois ans dans l'Afrique centraleChapitre 81 sur 232 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

guerre, toujours affamée de meui-ti-d et do pillage, et oii la féro- ' cité de l'homme lutte avec riiostiiitê du sol cl du climat !

— Je me seas tellement malade que ces nouvelles ne m'affectent m^me pas. Tout devient iuilifTéi-eiit à celui qu'êtreint VOmma. Mais Je me fais violence pour ofli-ii' bonne fï^^u-e k noli-e hôte de quelques heures. M. Burdo iiartage noire modeste déjeuner, auquel naturellement je ne touche pas. Comme il part

à 5 heures de l'après-midi, nous nous faisons nos adieux. Il souffre beaucoup de sa jambe. Heureusement qu'il a pu se procurer à Tabora un fine excallent et bien sui)érieur aux nôtres. EncfTtit, celui qui m'avait été i*écemmeiit l'anienè, et nous avait coiîté si cher, est mort presque eu uirivanl ici.

M. Bupdo, dans son rapport, a dit des choses excellentes. Tout n'y est point exact, cependant, par exemple à propos des montures. L'àne de Mascale est sans doute plus cher, plus délicat que l'àne Nyamouézi, mais plus parosseux, il s'en faut. Au surplus, M. Burdo oublie de meutiuuner qu'il a acheté le sien,

dont il fait Téloge, dans rOu-Nyaniembé, où Ton en trouve de fort convenables.

A la côte, où Tàne sert presque exclusivement au transport des pierres et des décombres, c'est presque impossible. Peu habitués au cavalier, ils se couchent, se ruent à travers les halliers, se jettent contre les arbres, etc., etc. Dans ces conditions, ils cessent de rendre des services et, loin de reposer le voyageur malade, ou épuisé par les marches forcées, le soumettent à une lutte continuelle dont, mal aguerri, ce dernier sort inévitablement vaincu.

Tout est donc subordonné à cette simple question : si vous tombez sur un bon âne de TOu-Nyamouézi, prenez-le, de préférence à un âne de Mascate, caril résistera infiniment mieux aux fatigues du voyage. Mais en demander à la côte, c'est presque vouloir chas^r au merle blanc.

— Nous sommes restés trois jours à Konko, pour le règlement du tribut, qui a suscité moins de diflBcultés que dans les autres bourgs de TOu-Gogo.

Après avoir envoyé un message à Mounié Mtoina pour le prévenir de notre prochaine arrivée et le prier d'ajourner ses projets belliqueux, nous nous préparons au départ.

Dans la nuit du 27, un voleur s'est introduit dan 5 le camp, pour s'emparer de quelque ballot. Aperçu par un de nos Askaris et blessé d'un coup de feu, il a pourtant réussi à s'esquiver. Nos gens nous sont devenus plus dévoués. Ils montrent une plus grande conscience de leurs devoirs et, sous le rapport de la soumission, sont en étonnant progrès depuis la halte de Bighiro. Ce respect et ce commencement de discipline sont l'œuvre personnelle du capitaine Ramaeckers, qui s'entend merveilleusement à les conduire. Doux et patient, le sourire sur les lèvres, il a séduit notre ombrageuse escorte par son inaltérable bienveil- . lance. Tous, maintenant, se montrent empressés à exécuter les ordres d'un si bon maître et ont en lui une confiance absolue. Chez ces natures abruptes, la docilité ne s'obtient qu'avec le temps ; comme dans les armées de volontaires, c'est une question d'entraînement, de la part des chefs. Malheureusement, l'Africain est oublieux, et l'esprit de discipline tombe aussitôt que celui qui a réussi à l'introduire n'est plus là pour le main-

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