CHAPITRE XI
tion. sur le Congo, il a' était rendu d'abord à Karéma avec son escorte, et se disposait & traverser le Lac, lorsque le bruit inquiétant de l'entrée en campagne de Mirambo vint ajourner ses premiers projets. Le Bonaparte noir, en quête d'alliances, s'étant d'abord arrêté chez Simba, chef de l'Ou-Savira, et tes deux armées, marchant vers l'Ou-Fipa, la caravane Roger-
* Le C'AflTAlMi POPELIN.
(Dudn lia O. VixiLitr..)
"urdo, qui avait quitté Tabora pour se diriger vers le Lac, dorait risque d'être pillée et détruite. M. Popolin se mit immè- ^tement en marche pom' secourir ses frères eu péril. Après «voir contourné, de nuit, le village de Simba, il put arriver, ma être inquiété,à Kisinndé.oii se trouvaient.comme je l'ai dit plus haut, MM. Burdo et Roger, abandonnés de la totalité de leurs porteurs. Ces derniers, terrifiés par le
Mirambo, qui opérait à quelques journées seulement, avaient regagné leurs villages respectifs, laissant nos compatriotes seuls gardiens d'un bagage bien fait pour tenter la cupidité des chefs marrons, s' autorisant indûment du nom de Mirambo. Grâce à ses 50 hommes d'escorte et aux Pagazis qu'il sut engager sur place — Dieu sait à quel prix 1 — M. Popelin réussit à faire transporter toutes les marchandises à Tabora, oii elles restent déposées dans la Station belge du docteur Van den Heuvel. Une partie, seulement, en a été distraite en faveur de M. Burdo, atteint d'une périostéiteà la jambe et forcé de regagner à tout prix la côte. Nos lecteurs savent dans quelles circonstances nous avons rencontré celui-ci à Konko.
M. Roger, flls de bons fermiers du Tournaisis, est de taille moyenne, fort, sanguin, et cependant résistant admirablement au climat d'Afrique.
C'est que notre compatriote se retrouve ici dans son véritable élément, aguerri qu'il est, depuis son enfance, par les hygiéniques entraînements de la chasse. Jamais il ne quitte son lourd fusil, calibre 10, ni sa giberne amplement garnie de cartouches. Dans les stations, comme en marche, il est infatigable. Pendant qu'éreintés et fourbus, ses compagnons restent au camp, lui, prend à peine le temps de déjeuner et s'en va allègrement chasser l'antilope ou la girafe. LMnsuccès n'altère point son imperturbable bonne humeur. Mais s'il abat quelque pièce importante, il en est heureux pour huit jours. Il faut le voir, paraît-il, lorsque la bête rapportée à la Station ou au camp, dépecée par ses soins et répartie proportionnellement entre les hommes de l'escorte, il en sert les morcaaux les plus délicats sur la table particulière des Européens ! C'est Nemrod, lui-même, doublé de Vatel! Droit et serviable, franc et génér»3ux, M. Roger, par son exemple, redonnerait du cœur aux plus abattus.
Pour mieux typer notre chasseur, dont nous signalons par anticipation les exploits, il ne sera pas sans intérêt de donner quelques extraits des lettres envoyées par lui au Secrétariat de Bruxelles. On l'y verra à l'œuvre, encore sous le coup de ses premiers enthousiasmes et de ses premières déceptions, mais toujours exultant d'ardeur cynégétique. Les lettres, auxquelles