CHAPITRE XI
j'emprunte lea passages suivants, datent de l'aniK'-e dcrniôi-e. ot c'est à Bruxelles que j'en ai pu prendre copie :
c Le 19 mars, nous étions campés à Konko, à 'i lieue» d'uniplaine immense, sur laquelle sont éparpillés, d'endroits en endroits, des arbustes épineux d'aspect grisâtre. De loin on loin, un bouquet Tort repose la rue fatiguée, sur l'immcnsilé dit ta
plaine. C'est cette espèce de désert que liantent le zèlircKîl la girafe.
> L'un de mes hommes, Mabrouki Spekc, (1) vint m'olTiir di; me mener à l'endroit où, disait-il, zèbres *',l girafes abondaient. J'acceptai avec empressement, ol nous partîmes sans plus attendre.
(1) Aioiii nommé purcequ'ilfltpurtie de l'oijinlition dr-S]<'>k'>;lcm/-iiii-, )ii'<>1il:ilileineiit, engagé psrSianley, lorxle mo vip^dîtion iiluredit^rrlieili-l.ivin^toni-.
» Deux heures de marche forcée nous amenèrent à la limite du territoire de. chasse; nous continuâmes à avancer dans la plaine et, environ une heure aprèsj'arrivai en vue d'un magnifique troupeau composé de onze girafes de toutes tailles. Un grand mâle, d'une robe fauve, presque brune, le conduisait. Sous un ciel de feu, dans une plaine ardente et déserte, c'était l'un des plus baaux spectacles qui pût frapper l'œil d'un chasseur.
> Je me mis en mesure d'approcher, ce qui, à première vue, me semblait chose presque impossible, car bien que je fusse éloigné des girafes de plus de 1000 mètres, elles donnaient déjà des signes de frayeur,
» Nous résolûmes de les rejeter vers quelques bouquets d'acacias que Ton apercevait à environ un kilomètre de là. Contrairement à ce que je pensais d'abord, les girafes ne détalèrent au petit trot que lorsque nous fumes à environ 500 mètres d'elles, et s'engagèrent jus te dans la direction que je désirais leur voir prendre. Deux cents mètres plus loin, elles s'arrêtèrent et nous laissèrent approcher jusqu'à 400 mètres, puis reprirent le trot qui se changea presque aussitôt en un galop lourd et peu rapide.
» Elles s'étaient rapprochées des bosquets qu'elles finirent par atteindre à la file et au pas. Immédiatement elles se mirent à tondre le sommet des acacias. Les petits, absolument semblables à des lamas géants, folâtraient et tétaient leurs mères. La tête du grand mâle se voyait au-dessus de toutes les autres, jetant à la dérobée des regards de défiance de notre côté. Nous approchions, moi lentement, mes deux hommes, que j'avais déployés en tirailleurs, et qui devaient agir comme rabatteurs, beaucoup plus vite, de chaque côté. Le grand mâle était mon point de mire. Quelle bête immense, mon Dieu ! Il lui eût été impossible d'entrer dans l'église de mon village sans faire une profonde révérence !
» Comme je Tai dit, j'avançais insensiblement, ne perdant pas la bête du regard. Un coup d'œil furtif, jeté à droite et à gauche, me fit voir que mes hommes jouaient parfaitement leur rôle et attiraient sur eux l'attention des girafes, sans toutefois les efirayer. Notre marche simultanée était englobante et tenait en respect tout le troupeau.
» J'étais arrivé à 300 mètres ; il fallait, pour les avoir à