LA NUIT CHEZ LA VOISINE
DEUXIEME INFIDELITE A LISETTE
Une nuit, l'hiver dernier, Je perds la clef de ma porte.
Etant réduit de la sorte A coucher dans l'escalier:
Je frappe chez ma voisine.
Brune à l'œillade assassine.
Et lui dis : C'est moi, Rosine, Moi. le voisin Honoré. Prêtez-moi donc une chaise, Je serai moins mal à l'aise Pour dormir sur le carré.
Ah! j'en suis désespéré!
Dormir! mais pauvre garçon.
Bravant du froid la morsure, Demain matin, j'en suis sûre.
Vous ne seriez qu'un glaçon.
Non. non, me répondit-elle, Je ne suis pas si cruelle, La nuit vous serait mortelle Et mieux vaut n'importe quoi.
Promettez-moi d'être sage, De me tourner le visage Dans ma couchette et, ma foi!
Venez dormir avec moi !
Je lui fis mille serments Sur un ton presque tragique, Suivis, et c'était logique, D'un flot de remerciements.
Entrez, me dit la petite, Le lit tout blanc vous invite.
Allons! couchez-vous bien vite, Vers le mur les yeux tournés.
Et, charmé de l'aventure, Bientôt sous la couverture, Des mieux intentionnés.
Je me glissai jusqu'au nez.
Mais de bien mauvais desseins Germèrent dans ma cervelle, Quand je sentis de la belle, La douce moiteur des seins, Et bientôt, avec ivresse, Rempli d'une ardeur traîtresse,