‹ La vie et l'habitude, traduit de l'anglaisChapitre 104 sur 135 · FIVE · texte numérisé non relu

FIVE

laquelle se trouvait son parent lorsque ces souvenirs étaient à l'état actif dans son esprit. Mais le grand point ici, c'est que les larves ont été soumises à un traitement anormal, de telle sorte que, si elles n'en meurent pas, elles n’ont pas d’autre alternative : que de varier. On ne peut pas conclure du normal à l’anormal. | Il n'y aurait donc rien d’étrange à ce que les souvenirs latents | pussent (étant donné que l'association des idées laisse une marge qui permet au développement de se faire plus tôt ou plus tard), servir à suggérer aux larves embarrassées quelque indication touchant la voie qu'elles feront bien de prendre ; ou à ce que, tout au moins, ces souvenirs complètent dans une large mesure l'instruction donnée par les ( nourrices », en rendant ces larves assez inflammables (si j'ose dire) sur ce point pour qu’une étincelle suffise à mettre en ignition toute la chaîne de leurs souvenirs. Du reste, l'avortement est presque toujours prématuré. C'est | ainsi que, normalement, les cicatrices à la joue et au genou que portaient dès leur naissance les enfants de ces deux hommes qui avaient été blessés à ces endroits-là, n'auraient dû apparaître | chez les descendants que lorsqu'ils auraient atteint une condition à peu près semblable, d'une manière générale, à celle dans laquelle se trouvaient leurs parents lorsqu'ils avaient été blessés. Et même | alors, normalement, il aurait fallu qu'il se trouvât un instrument | pour les blesser, et à peu près de la même façon dont leurs pères | l'avaient été. Mais aussi, c'est que l'association des idées n’est pas toujours strictement fidèle à la lettre de son contrat.

On pourrait aussi raisonner de la façon suivante, et dire que la différence de structure et d’instincts entre les abeilles neutres et les abeilles fécondes provient des effets spécifiques produits par une certaine nourriture et un certain traitement. Mais — et certes nous regrettons de fixer des limites à la propriété qu'a la nourriture de se transformer en génie, — il paraît difficile de croire quil peut exister une nourriture non vivante, et par suite non instruite, qui soit capable d'enseigner à une abeille à construire une cellule hexagonale dès qu'elle vient au monde, ou de lui apprendre, avant qu'elle naisse, à se fabriquer les structures | dont elle aura besoin par la suite. Mais si nous voulons cependant :

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