CHAPITRE XII
il se fût acheminé peu à peu vers cette forme. De même pour le gui. Ni l'oiseau ni la plante ne savaient jusqu'où ils iraient ; et ils ne voyaient qu'à une très petite distance en avant d'eux lorsqu'ils cherchaient quelques moyens de corriger telle ou telle chose qui les gênait, ou d'obtenir telle ou telle chose qu'ils désiraient. Mais, étant donné que l'animal ou la plante ont des perceptions, et par suite le sentiment de leurs besoins et de la satisfaction de ces besoins, et l'espoir et la crainte, et le contentement et le mécontentement ; étant donné qu'ils possèdent la faculté, à un degré si faible qu'on voudra, de satisfaire ces besoins ; étant donné que cette faculté est plus développée chez certains individus que chez d’autres, et étant donnée enfin, la continuité de la personnalité et de la mémoire sur une immense étendue de temps : tous les phénomènes des espèces et des genres nous apparaissent comme une démonstration du vieux proverbe qui dit que ce qui est viande pour un homme est poison pour son voisin. La vie, sous sa forme la plus inférieure, et dans les conditions que nous venons d'énumérer, — conditions sans lesquelles il nous est impossible de concevoir la vie, — devait forcément varier, et aboutir (après un nombre pas tellement grand de millions d’années) à l'infinité de formes et d'instincts que nous voyons autour de nous.
A PA lle NE GX 6 dE LL Le, € » DNA F HT
% ia
dc es A à :
gs an