‹ La vie et l'habitude, traduit de l'anglaisChapitre 110 sur 135 · LAMARCK ET M. DARWIN · texte numérisé non relu

LAMARCK ET M. DARWIN

On aura vu, au cours des pages précédentes, que j'ai plus d'une fois soutenu la théorie de l'évolution, telle que Lamarck l’a énoncée le premier, contre la théorie plus récente que M. Darwin en a donnée, et qui est aujourd'hui acceptée de tout le monde.

Il ne m'est pas possible, dans le peu d'espace dont je dispose ici, d'examiner même superfciellement les arguments qu’on peut faire valoir en faveur de l’une et de l’autre de ces deux théories. Les livres de M. Darwin se trouvent partout ; et quant à Lamarck, tant de découvertes ont été faites depuis son époque, qu'il est probable que s’il vivait de nos jours il exposerait sa doctrine d'une manière toute différente. Aussi me contenterai-je de faire ici quelques remarques qui, du reste, ne peuvent guère aspirer à la dignité d'arguments.

Pour M. Darwin, les différentiations de structure et d'instinct sont arrivées principalement grâce à l'accumulation de petites

variations fortuites, sans intelligence et sans désir de la part de

l'animal qui variait ainsi. Toutefois, M. Darwin ne nie pas absolument qu'il y ait des modifications dues au désir et au sentiment du besoin, puisqu'il attribue un effet considérable à l'usage et au défaut d'usage ; ce qui, nous l’avons dit, implique que la structure se modifie selon les désirs de l'animal qui la possède.

Pour Lamarck, les genres et les espèces se sont formés, surtout,

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