‹ La vie et l'habitude, traduit de l'anglaisChapitre 116 sur 135 · RO A NT AS RTE ES EE · texte numérisé non relu

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LA VIE ET L'HABITUDE se

et telles formes. Pour moi, il me semble que la véritable « Origine « des Espèces » n'est que « l'Origine des Variations », et qu'il faut * la chercher, comme le voulait Lamarck, dans les besoins et les “ expériences des êtres qui varient. Faute d'expliquer l'origine des

ue ,. . ‘MT variations, nous nous trouvons en présence de l'inexpliqué à #}

chaque pas du développement progressif d'un être depuis son état . homogène primitif jusqu'à sa différentiation sous la forme, par exemple, d'un éléphant. De sorte que dire qu'un éléphant est devenu éléphant grâce à l'accumulation d'un nombre immense de petites variations fortuites et inexpliquées survenues chez quelques êtres inférieurs, c'est en réalité dire qu'il est devenu éléphant grâce à une série de causes que nous ignorons complètement, ou, en d'autres termes, que nous ne savons pas comment il est devenu éléphant. Mais dire qu'un éléphant est devenu éléphant grâce à une série de variations, dont les neuf dixièmes ont eu pour cause les désirs de l'être (ou des êtres) dont l'éléphant descend, — c'est là fournir une raison, et faire faire au mystère un pas définitif en arrière. Dès lors, toute la question sera de savoir si cette raison est suffisante ; autrement dit, si l'hypothèse est confirmée par des faits.

Naturellement, selon cette hypothèse, la concurrence vitale produirait des effets d’une importance extrême sur tout être, de la même manière que n'importe quelle autre des conditions naturelles dans lesquelles 1l vit doit affecter le sentiment qu'il a de ses besoins et l’ensemble de ses opinions. Les résultats de la concurrence vitale seraient comme les décisions d'un arbitre qui juge en dernier ressort si telle ou telle variation était réellement avantageuse ou non pour l'animal ; question sur laquelle l'animal lui-même aura sans doute déjà porté un jugement assez exact. Il n'est pas douteux que les décisions antérieures de cet arbitre auront une influence sur la conduite de l'être, qui aura certainement commis des erreurs et des manquements, et qui les corrigera. Dès lors l'être se dirige d’après l'expérience qu'il a de la marche ordinaire des événements : mais 1l cherche aussi constamment — et parfois avec succès — à esquiver la loi par toutes sortes de faux-fuyants. Ainsi de nouveaux précédents s’établissent, si bien que la loi

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