CHAPITRE II
“des acquisitions déjà approuvées par Je consentement : universel, “mais ils sont peu préoccupés d'étendre le champ de ces acquisi- “ions, ou du moins ils sont, pour la: plupart, peu ‘enclins à faire, eux personnellemeñt, :les ‘éfforts nécessaires pour accroître {le “domaine ‘de leurs connaissancés. En somme ce sont des gens “qui ne sont ni progressifs hi agressifs, mais tranquilles et paerfiques, ét qui désirent vivre et laisser vivre, comme leurs ‘pères A'ont ‘fait avant ‘eux. Les gens de l’autre classe, au contraire, ont ‘pour préoccupation dominante l'extension des frontières de la science, et sont rélativement indifférents à l'égard de tout ce'qui “est déjà su, sauf dans la mesure où les acquisitions passées peuvent ‘ouvrir la voie aux acquisitions ‘futures. Ce sont les pionniers ‘de la science, et c'est à ceux-là seulement que le public ‘accorde le titre de « savants ». Mais les pionniers, si importants qu'ils soient dans une armée, ne sont pas l'armée ‘elle-même : l’armée peut se passer plus facilement de ses pionniers que les pionniers Ine peuvent se ‘passer de l'armée. Et'certes la classe ‘qui sait par- #aitement bien ce qu'elle sait, et qui juge de la valeur ‘dés découvertes faites par les pionniers, —— certes, ‘cette classe:là mérite ‘äussi bien, sinon mieux que les pionniers eux-mêmes, qu'on lui applique l'épithète de «scientifique ».
Or, ces deux classes ne sont pas nettement séparées, et de l’une à l'autre 1l y a toute la série des nuances. Certains sont merveil- Jleusement avancés dans les sciences déjà connues : ils se portent bien, sont beaux, ont un bon caractère, du bon sens, de l'énergie, ét toutes ces choses ils les possèdent ‘téllement à fond qu'ils sont äffranchis de la manie introspective, — affranchis de la Lioi et si ipatfaitement ét :s1 complètement sous la Grâce, que les connaître T'estiles aimer. Mais des gens ainsi faits peuvent n'être pas énclins à «étendre des limites ‘des connaissances humaines, ‘et peut-être ême, dans la plupart des cas, ne désirent-ils pas ‘qu’elles s'étendent : car le but qu'ils visent est absolument différent. D'an autre côté, parmm les pionniers, al y en a qui ‘sont gens aimables, très versés dans les ‘sciences plus anciennes, bien qu'ils soient encore plus ‘éminents cornme pionniers. Mais äl en ‘est d’ autres, qui ont rendu à l’hurnanité des services ‘anis prix, ét qui ‘sont
d’une ignorance remarquable en ce qui concerne les sciences} qui sont déjà devenues propriété commune des hommes : d’autres termes, ils sont laids, mal élevés et désagréables, très progressifs assurément, mais aussi très agressifs.
La principale différence entre ces deux classes consiste da | le fait que le savoir de l’une, dans sa partie nouvelle, est su cons| ciemment ; tandis que le savoir de l’autre est inconscient, et fait} de sens et d’instinct plutôt que de science reconnue comme telle. L'homme qui possède ce sens et cet instinct, pourvu que l’un et l'autre soient de la même nature que ceux que possède la grande majorité de ses concitoyens, est un véritable homme de science, quand bien même il saurait tout juste lire et écrire. Comme l'a dit mon illustre homonyme : « Il...
… Distingue ceci de cela :
Métaphysique en reste là. »
D'ordinaire, ces vrais et complets savants ne savent pas qu'ils sont pleins de science, et sont rarement capables de justifier la foi qui en est eux. Ils se croient eux-mêmes ignorants et incultes, et les professeurs, qui se voient parfois dépassés par eux dans leur propre domaine professoral, ne comprennent pas qu ‘ils ou été dépassés, en réalité, par des hommes d'un génie scientifique supérieur au leur. En voici un exemple, dans le passage suivant extrait du livre du D’ Carpenter, Le Mesmérisme, le Spiritualisme” CLOS i
€ C'est un fait bien connu que les personnes auxquelles la structure géologique d'une région est familière sont souvent
les raisons sur ri Le fondent leur opinion.