‹ La vie et l'habitude, traduit de l'anglaisChapitre 133 sur 135 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

In rencontre beaucoup de balles de ce genre dans certains tomes aspect fort sérieux qui circulent de nos jours. Aussi, j'ai taché e fournir, pour la troisième fois, au public, un livre dont le | faut serait plutôt de paraître moins sérieux qu'il ne l’est que | d'être moins sérieux qu'il n'en a l'air. | - En même temps, je reconnais que lorsque j'ai commencé à | . écrire sur ce sujet je n'y croyais pas tout de bon. Ce fut comme si javais vu par terre un caillou dont l'éclat me plut. L’ayant * ramassé, Je m'amusai à le tourner et à le retourner entre mes doigts, ‘à et je m'aperçus que plus je l’examinais et plus son éclat augmen- “ tait. À la fin j'en fus fasciné et m'abandonnai à l'illusion que je “ m'étais faite. L'aspect du monde me parut changé. La chose sans . valeur que j'avais négligemment ramassée se trouvait être un talisman sans prix, et avait ouvert une porte par laquelle j'entrevoyais une étrange et intéressante transformation. Puis quelqu'un vint, qui me dit que cette pierre n'était pas à moi, mais qu'elle était tombée des mains de Lamarck, son possesseur légitime, qui 4 … l'avait perdue. Sur quoi je répondis que je ne me souciais pas de | savoir à qui elle appartenait pourvu seulement que je pusse m’en servir et jouir de sa beauté. Maintenant donc, l'ayant polie avec tout le soin et tout l’art qu'un homme qui n'est certes pas un joail- . lier pouvait y apporter, je la restitue, du mieux que je peux, à son possesseur. i Que dois-je penser, et que dirais-je ? Qu'en cherchant à tromper les autres je suis devenu la victime de mon propre mensonge ? Assurément, c'est la conclusion la plus raisonnable à tirer de toute cette affaire. Ou bien, que j'ai vraiment retrouvé le talisman de Lamarck, qu'on avait perdu de vue depuis un certain temps ? | Le lecteur voudra-t-il que je m'éveille avec lui à un monde aveugle et livré au hasard ? Ou bien puis-je le persuader de ! rêver avec moi d'une foi plus vivante que ni lui ni moi ne l’avions encore crue possible ? Comme je l'ai dit, la raison nous montre impitoyablement le réveil ; mais l'espérance et la foi se tournent encore vers le rêve.

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