‹ La vie et l'habitude, traduit de l'anglaisChapitre 29 sur 135 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

de ses besoins, ou que ses actions fussent dirigées par aucune - intention qui lui fût propre ». Mais un peu plus loin il dit que si un ouvrier faisait un ouvrage équivalent à celui que fait l'amibe, « on le regarderait comme un constructeur d’une intelligence et d'une habileté extrêmes ». Eh bien, si une amibe est capable de faire ce qui, de la part d’un ouvrier, serait considéré commeun ouvrage d'une intelligence et d’une habileté extrêmes, l’amibe devrait être mise sur le même pied que l’ouvrier, et considérée comme habile et intelligente, mots qui impliquent indubitables ment chez l'être à qui on les applique la conscience nette de se- | besoins et une activité dirigée par une intention qui lui est propre. De sorte que le DT Carpenter a bien l'air de souffler chaud et | froid en un même moment. Toutefois on ne saurait douter de quel côté pencheront les esprits de la grande majorité des hommes en présence des preuves mises sous leurs yeux ; ils diront que cet être est éminemment raisonnable et intelligent, tout en admettant sans peine qu'une longue pratique et une extrême familiarité | ont pu épuiser sa faculté d'attention à l'égard de toutes les phases de son travail, exactement comme l'ouvrier expérimenté qui | construit un mur ne saurait analyser consciemment tous les actes qu'il exécute.

Mais les philosophes d’une certaine école ont une grande répugnance à reconnaître ce que le D' Carpenter semble n’ad- | mettre qu'à contre-cœur ; et comme exemple de cet état d'esprit, nous pouvons prendre le paragraphe qui suit immédiatement, dans le livre du D' Carpenter, ceux que nous venons de citer. | Il écrit :

« Souvent, étant à la mer, l’auteur s’est diverti, et a diverti d’autres personnes, en faisant l'expérience suivante. On sort une terebella (vers marin qui revêt son corps d’un tube de sable) de sa maison, et, la plaçant ensuite dans une soucoupe pleine d’eau où l'on a mis une provision de sable et de coquilles pulvérisées, on voit l'animal s'approprier ces matériaux pour se construire un nouveau tube. Ses tentacules s’allongent et bientôt s'étendent sur le fond de la soucoupe, où ils saisissent tout ce qu’ils ren-

contrent, ( tout ce qui entre étant bon à prendre », et au bout

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