Lois, XII, 963 B
saisir et expliquer aux autres en quoi réside Tunité essentielle de la beauté et du bien comme de la vertu. « Quiconque n'aura pas assez de talents pour joindre ces connaissances aux vertus civiles ne sera jamais digne de commander en qualité de magistrat et sera bon tout au plus à exécuter les ordres d*autrui *. »
Sur la notion même de la vertu, pareil désaccord : inutile d'ailleurs d'entrer dans le détail de toutes les controverses qu'atteste entre le maître et le disciple ce seul traité d'Aristote. Mais une observation générale de Teichraûller mérite tout particulièrement notre attention : autant, dit-il, Platon dans cette dispute déploie tout à la fois de fmesse et de courtoisie, autant Aristotese plaît, en parlant de son adversaire, à se servir d'expressions telles que les suivantes : « Semblable théorie est ridicule, illogique, insensée '. »
Toutes ces remarques sont à coup sûr fort intéressantes : malheureusement si du côté d*Aristote elles reposent sur des Cextes précis et formels, il n'en est pas de même du côté de Platon. Toute la thèse de Teichmûller a pour base une hypothèse fort peu vraisemblable, malgré les nombreuses conjectures par lesquelles il essaie de la défendre : elle suppose, en ^flfet, que la Morale à Nicomaque, un des ouvrages les plus achevés d'Aristote, a été composée par ce dernier presque au <]ébutde sa carrière philosophique, de telle sorte que Platon ait saisi avec empressement Toccasion d*y répondre dans les derniers livres des Lois. De prémisses aussi incertaines, pour ne S>a8dire si peu probables '^ il faut renoncer à tirer une con- ^slusion solide.
Qu'Aristote ait contredit son maître, cela ne fait aucun doute :