‹ La vie et l'œuvre de PlatonChapitre 139 sur 203 · TRAITS DISTINGTIFS DE L'ESPRIT PLATONICIEN · texte numérisé non relu

TRAITS DISTINGTIFS DE L'ESPRIT PLATONICIEN

A un autre point de vue, on peut admirer dans Platon un esprit étonnamment comprébensif, où des facultés difTérentes et bien rarement associées se tiennent dans le plus heureux équilibre ^ : la bauteur des pensées et la délicatesse du sentiment, la gravité du raisonnement et Télan de l'imagination, une morale presque toujours pure, parfois même austère et une sensibilité exquise pour le beau. 11 a été tout ensemble Tllomère et le Pbidias de la philosophie grecque, revêtant ses démonstrations des tours lumineux de la poésie, et imposant une forme artistique même aux plus insaisissables abstractions de la métaphysique.

Ce dont je louerai surtout Platon, c*est d'avoir su réaliser dans sa doctrine et ses écrits Taccord parfait du cœur et de la raison. La pensée, a dit justement M. Ravaisson, ne suffit pas à la philosophie, il lui faut l'âme entière et avant tout ce qui semble en être et le principal et le meilleur : c'est qu'en eiïet, selon le mot de Joseph de Maistre, il y a dos vérités que Thomme ne peut saisir qu'avec Tesprit de son cœur. Platon n*a pas cru qu'il ajouterait à l'autorité de son système en s'interdisant toute phrase, toute formule qui fût autre chose qu'un effort d'intelligence : quand il toucha à ces questions vitales, Dieu, Tâme, la vertu, la justice, le monde à venir, il penserait trahir sa mission s'il gardait le calme impassible du logicien. C'est qu'en effet il avait compris que ce n'est pas seulement par la voie de la dialectique qu'on acquiert la conviction du monde spirituel, mais par un acte libre de vertu toujours suivi d'un acte de foi à la beauté morale et, si Ton peut ainsi parler, d'une vue intérieure de Dieu et du ciel -. Sa doctrine, c est la vie dans la vérité : il fait plus et inicux que nous montrer la route, il nous v ^^ntraine à sa suite \ Qu'on lise

entretiens éle\Ké de Platon à s«s pr-;occ-jpationii habituel le n d - '/ér^'irni et d'homme d'Etat lEli-rn, II. 10 .

1. Olympioiiore a dit av^rc rais ^n d-r Platon. f:T, \h rarproch ir.t d'FIorriêre :

2. Voir le Iv^jq livr^ Je M. *y:i2ir^ii i-.t.tu é : [yi rrMhfjfU m^,rtiU..

3. Je trouTe ces con^âil-rat. >zt^ aimirai>le:r;er.t r-rSi.'f.^j» Jacm îa pbravï gniTante da dernier biographe irr PUton er: Aliema^rn^, Su-iLr.art : * Wi*:

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attentivement ses dialogues, et Ton s*écriera volontiers ayec un écrivain du dernier siècle : c Une ligne de son œuvre suffit pour faire oublier et ses défauts, s'il en eut, et les reproches de ses ennemis K »

II est vrai que la logique et l'enthousiasme marchent rarement du même pas et qu'aux yeux de certains esprits particulièrement exigeants en matière de méthode, Platon a pu passer pour avoir de la sorte compromis la solidité de sa doctrine. Sans doute, quelque vigoureuse opposition qu'il ait faite aux déclamations à la fois pompeuses et vides des sophistes, on ne saurait nier qu*il n'ait imprimé à la philosophie grecque une tendance à la finesse, à l'agrément, à l'éclat du style, tendance qui aboutit plus tard aux dissertations de Plutarque, pleines d'une monotone élégance, et aux thèses oratoires d'un Himérius et d'un Thémistius. Mais s*il avait suffi pour sauver l'esprit grec, de prendre une route tout opposée et de pousser à l'extrême le dédain de la forme, les épicuriens d*un côté et les stoïciens de l'autre, pour ne rien dire de certains écrits d'Âristote, avaient tout ce qu'il fallait pour s'acquitter supérieurement de cette tâche. Puisque le bon sens ingénieux a parlé par la bouche de Socrate, puisque la logique et la métaphysique, dans ce qu'elles ont de plus subtilement abstrait, allaient trouver dans Aristote le plus savant interprète, félicitons-nous de voir la pensée de Platon se donner un si hardi

kein Weisor des hollenischen Âlterthamos der cliristlichon Wahrhoit nilher kam als er, so steht sein Bild, befreit von den Verdunkelanî?en und Ëntstellungeu neidischer Verkleinerung, in idealer Hoheit und Reinheithoch erhaben liber den StUrmen unedler, nie befriedigter Leidenscbafien, uber dem Schmutz und den mit fruchtiosen M iilien nur immer das eigene Selbst vordrângenden Kâmpfen und Aengsten des gemeinen Lebens, iiber den lockcnden Scbeinen des Gewinns, des Ruhms, der Maclit, durchleuchtet von den Strahlen jenes Lichtes, das aus einer iioheren Well verkliirend und vergeiatigend auf dièse Erde niedersteigtjund den, dores aufnimmt, zum Bùrgerthum dièses himmlischen Heiches erhebt » (Plato's Leben, 239).

i. Art. Platon dans l'Encyclopédie. A la suite de ces deux lignes se lit cette singulière déclaration : « Il semble qu'il soit plus permis aux grands hommes d'être méchants. Le mal qu'ils commettent passe avec eux, le bien qui résulte de leurs ouvrages dure éternellement. Après tout, cette éponge des siècles fait honneur à l'espèce humaine. »

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