‹ La vie et l'œuvre de PlatonChapitre 153 sur 203 · XIIL · texte numérisé non relu

XIIL

4. Toutes les vraisemblances concourent à nous représenter les 'HOixà EùET;{xia (titre qui d'ailleurs d'après Tusage du grec répond bien plutôt à Morale d'Eudème qu'à la traduction courante Morale à Eudème) comme une rédaction des leçons du maître préparée et publiée par les soins de son disciple. — M. Campbell croit trouver dans im motif analogue l'explication du titre que porte la Morale à Nicomaque : a X'comachus probably had something to do with them in the way of editing. »

5. "^ExEÏvoç èv6{jiiffe |iti slvai xaXbv co; '^tV)(£v èxfioÔTjvai dç itoXXou; TYiXixavTr,v icpayiiâTsiav. C'est ce même Eudème que nous voyons écrire à Théophraste pour obtenir une copie plus certaine du V* livre de la Physique (ScoL Aritt,, 404b 10), trailé dont il composa une paraphrase très complète.

à sa sollicitude aurait été ou égarée ou détruite. Nous voyons de môme Straton léguer à Lycoo son successeur tous ses livres, à TexceptioD de ceux qu'il avait composés et écrits lui-même ' : d'après Tinterprétation de M. Dareste, ces autographes compris dans le legs des meubles meublants devaient être remis à deux de ses disciples préférés, Lampyrion et Arcésilas, avec charge de les publier. A son tour Lycon lègue ses ouvrages inédits à Callinus ^, afin qu'il veille diligemment à leur publication ', tandis que ceux de ses livres qui sont déjà connus {i)ffffmc\t.iy%) doivent devenir la propriété de son affranchi Charès.

Mais alors que se perpétue au sein de l'école péripatéticienne cette sollicitude légitime, inspirée peut-être par les déplorables vicissitudes des manuscrits du maître, les annales de l'Académie, à notre grand étonnement, ne contiennent aucune indication de ce genre. Platon lui-même, dans son testament que Diogène Laërce prétend nous avoir conservé S garde un silence absolu sur ses écrits et sur sa bibliothèque et, encore une fois, à s'en tenir rigoureusement aux données de l'histoire, nous ne pouvons que faire des conjectures sur le sort réservé après lui aux originaux de ses célèbres dialogues.

Ici apparaît une théorie, j'allais dire une construction à laquelle est attaché avant tout autre dans notre siècle le nom de Grote. Appuyé d'une part sur la création de l'école plalonicienne, qui du vivant de son fondateur et pendant près de trois siècles après lui eut à l'Académie son domicile fixe, son centre intellectuel et sans doute aussi ses archives, de l'autre sur ce fait, remarquable à coup sûr et presque unique dans l'histoire des lettres anciennes, que Tœuvre de Platon est arrivée jusqu'à nous dans son intégrité , le critique anglais affirme que les manuscrits mêmes du philosophe ont dû se transmettre dans des conditions toutes particulières, propres à entourer

i . Diogène Laërce, V, 62.

2. Sans doute le caUigraphe dont Lucien nous vante l'habileté dans le passage cité plus loin (page 398).

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