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Platon, t. I. 25

l'authenticité de tous et dé chacun de garanties absolument exceptionnelles.

Ces divers points méritent de notre part un examen des plus attentifs.

En premier lieu, qu'aucun des ouvrages authentiques de Platon ne soit perdu pour nous, c'est ce qui est aujourd'hui universellement admis ^ tant les objections contraires paraissent de peu de valeur. Si Tautour du Sophiste nous annonce deux dialogues, Tun sur le politique, l'autre sur le philosophe, dialogues dont un seul nous est parvenu, la suite de ce mémoire montrera pourquoi nous demeurons indifférents ou à la perte du second ouvrage ou à l'oubli dans lequel on l'a laissé. Les mêmes considérations ne sont pas applicables à riSTermocra/e qui devait compléter le Critias; mais Tinachèvement du second explique très bien pourquoi Platon n'a jamais composé le premier. . Aristote parle d'assertions et même de divisions (SiaiceGei;) platoniciennes que nous ne possédons plus, et on serait d'abord tenté de croire qu'elles étaient tirées d'ouvrages qui ne nous sont pas parvenus; mais n'est-ce pas la chose du monde la plus naturelle qu'un disciple citant de son maitre des traits, des exemples, ou même des développements entiers pour les avoir entendus de sa bouche, et non pour les avoir lus dans ses écrits -? Ainsi dans les Topiques Aristote s'oppose à l'emploi de mots non approuvés par l'usage, et il cite à ce propos des exemples empruntés à Platon ^ : autant de réminiscences probables de

1. Je no connais de critiques dissidents que Stallbaum en Allemagne, et Miller en France; encore ce dernier, qui pour s'être beaucoup occupé des lexicographes leur reconnaissait une autorité au moins exagérée, croyail-il plutôt à des lacunes dans la transmission de certains dialogues.

2. En parlant d*Aristote, Diogène Laorce (V, 34) a trouvé un mot heureux pour désigner tout ce qui se perpétue ainsi par la seule tradition, àvpaçov

3. Topiques, VF, 2. 140a 3 : Oiov FlXattov ôçp*JÔ<TXiov tôv ô^ÔaXpLov r, rb ç«>oyyiov ar,4/i8axé;, r, tbv |X'j£).bv ôaTeoYevé;. — C'est également un souvenir de l'Académie que renferme ce passage des Problèmes {X'S.Xt 0) : « A cette question de Néoclès : — Pourquoi l'homme mérite-t-il d'être obéi plus qu'aucun autre animal? — Platon répondait : Parce que seul il sait compter. »

PCnLIClTÉ DONNF.E AUX ECI^ITS DE PLATON 38T

ses leçons orales, autant de termes échappés aux hardiesses de l'improvisation. La leçon IIsoi (piXo'J09iX(; citée dans le traité De tAme * est une rédaction d'Aristote qui avait jugé utile de consigner par écrit, soit d'après la tradition soit d'après ses pror près souvenirs, les enseignements les plus généraux do son maître sur la philosophie. Si maintenons nous passons à une époque plus récente, quelle importance attacher à une phrase inconnue, citée comme appartenant au r/mee par Sextus Empiricus-? Lorsque dans les dernières lignes du De Afvndoy Tauteur, quel qu'il soit, après avoir rappelé divers mythes, notamment ceux des Parques et d'Adraslée, ajoute que Platon faisait de ces noms autant d'appellations de la divinité ^ cette assertion n'est-elle pas sufGsamment justifiée par ce que nous lisons à la fin du X* livre de la République ? Le rhéteur Ménandre * dit avoir découvert dans le Critias que Platon appelait son Timée « Thymne de l'univers : » c'est- une réminiscence probable d'une phrase de ce dernier dialogue ^ Marc-Aurèle * cite une belle pensée de Platon sur la nécessité pour le sage d'envisager comme d'un lieu élevé les choses de la terre : c'est bien là en tout cas l'esprit du grand philosophe : mais selon toute apparence il faut substituer Philon ' à Platon dans le texte du Ilpo; iaauTiv. Apulée * attribue à Platon deux mots qui ne figurent pas dans notre Platon actuel : mais comme son ouvrage n'est qu'une vaste compilation, il est très possible que cet érudit assez superficiel ait confondu dans un commentaire les paroles d'un disciple et celles du maître : la même observa-

1. I, 2, 7. — Cf. Brandis, De perdit is Arislotelis libris de Ideis et de bonp, Bonn. 1823.

2,Adv, Math. VII. 391.

3. 401 1> 23 : TaOta tk navra èffx'iv ovx aX).o xi ir>.r,v 6 Oed;, xaôâirsp xal 6 Ytvvaîo; nxàtuv çt,(tîv.

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