E. Egger
2. L. 1. — C'est à Aristophane do Byzanco lui-môme qu'Ozunn {Anecdofum Romanum, iOi) rapporte les signes dont il va être question.
3. C'est le signe si célèbre dans les plus anciennes éditions d'Homère sous le nom de diple. Remarquons à ce propos qu'à part le trait ou ohel qui marque pareillement les vers frappés d'athétèse, il serait difficile de trouver une seule coïncidence complète dans l'emploi de ces divers signes appliqués d'un cùtô au prince des poètes, de l'autre à rilonière dos philosophes. C'est le caprice de l'éditeur ({ui faisait loi. De \h rinitintion nécessaire à laquelle fait allusion la dernière phrase de la citation. — Platon aura-t-il un jour comme Homère ses Scolifs de Venise et son Villoison?
en faisait la rareté et le prii, ce sont précisément les notes spéciales qui y avaient été introduites.
lUaton a donc été édité au m* siècle? mais où? par les soins de qui ? à Tusage dos platonisanls ou dans l'intérêt du grand public? on l'ignore. Les beaux esprits et les savants à qui la la munificence des Ptolémées accordait au Musée d'Àleiandrie une hospitalité princière avaient certainement groupé autour d'eux un cercle de copistes et de lettrés. C*est dans ce milieu qu'ont été créées à la fois la science et la profession de grammairien-éditeur : pour tenir son rôle dans les discussions sans An, les unes subtiles et ingénieuses, les autres ridicules et frivoles, qui s'engageaient sur le style et sur le .sens des anciens poètes, chacun devait ôlre jaloux déposséder leur texte, tel que l'érudition d'alors avait cru devoir le fixer. Mais qui donc a entendu parler du goût des critiques alexandrins pour la philosophie? Ils ont composé sur Homère des montagnes de dissertations dont il ne nous reste que des débris : ont-ils commenté un seul philosophe? Il n'est donc nullement démontré que Platon, comme d'autres écrivains de mérite bien inférieur, ait trouvé dans leurs rangs des mains assez habiles pour donner de ses écrits une recension ab.«:olumcnt digne de confiance^ C'est une pure conjecture que d'attribuer l'édition dont il vient d'ôtre question î\ Aristophane de Byzauce, lequel en publiant r//îWe s'était montré, nous dit Pierron, aussi sage et aussi modéré que Zénodole avait été violent et téméraire. Même incer-
1. Pour ne parler ici que de la constitution du texte, quelques ôrudits. s'appuyant sur le fra':;meut dont il a été question dans une note précédente, affirment que la critique alexandrine crut rendre service à Platon en accommodant son style aux préceptes des rhéteurs et en y introduisant certains raffinements qu'ils jugeaient indispensables à une prose modèle : elle n*aboutit ainsi, selon l'expression de l'un d'eux, qu'à « verser une large portion d'eau dans le vin de Platon » : la concision énergique» parfois rude du philosophe a disparu en maint endroit sous d'ennuyeuses paraphrases et sous les interpolations d'un goût timoré. Une comparaison minutieuse du texte nouveaa et do la version courante a montr.^ que de part et d'autre il y a des passages détiguriis, ici par des gloses explicatives, là par le fait d'un scril^e ignorant ou inattentif. Il est clair que plus un dialogue était lu et demandé, plus les copies s'en multipliaient, et plus les chances d'altération allaient en augmentant.
prBLICITÉ DONNÉE AUX ÉCRITS DE PLATON 397
titude eo ce qui coacerne Dercyllidas et Thrasylle, qui travail lèrent après Aristophane à une classification tout artificielle des écrits platoniciens. Le texte de Diogène Laerce ' n'autorise nullement les inductions que Ton en a tirées et M. Chaignet a eu parfaitement raison dVcrire : c Thrasylle ne semble pas avoir eu Tintention de donner une édition meilleure, une recension critique du texte de Platon ; il eut plutôt pour objet l'exégèse, comme le dit expressément Porphyre, qui sous ce rapport lui préfère infiniment les travaux de Plotin. »
Dans la suite il n*est plus fait mention d'aucune édition jusqu'au temps de Galien (n* siècle de l'ère chrétienne). Dans son opuscule intitulé Ilepi tûv ev T\.\t.xi(ù (arpi^o); 6'.pir)[t£y(i>y, il rapporte spécialement aux c< copies attiques » ^ un membre de phrase' qui se lit actuellement dans tous nos manuscrits. Mais que faut-il entendre par ces o copies attiques » ? Avaient-elles été collectionnées sur les manuscrits originaux conservés à Athènes, par opposition à celles qui auraient été conTectionnées à Alexandrie? Olympîodore dans son Commentaire du Phédon^ parle sans doute d'une classe spéciale d*« interprètes attiques » (Gèrrixot êÇvrjpQTai) parmi lesquels il range Speusippe et Xénocrate probablement à cause des réminiscences platoniciennes contenues dans leurs divers ouvrages. Néanmoins il suffit d*un simple coup d'œil pour se convaincre qu'il a en vue, non des éditeurs au sens moderne du mot, mais une catégorie spéciale de commentateurs réguliers appartenant au temps où Técole platonicienne avait à Athènes son sièsre officiel et reconnu \ Ainsi tout en admettant avec Cousin que pour venir d'un écrivain du sixième siècle, ce renseignement n'est pas sans valeur, et que