III
2. Voici la phrase textuelle de Galien : ACtt, (ikv ^ Hi'^r^dii {loi Yéïovc xatàc Ttjv Twv 'AtTixtoiv àviiyps^cov exSoa'.v. — On sait que le mot àvrcypaçov (Ath»^née II, 58 D e» VI, 256 È. — Plutarque. Vie de Sylla.t^) désigne toute reporduction, aussi bien celle d'une œuvre d'art que d'un texte original.
3. Timée, 11 G : Aii to tt,; ï\iù èauToO x'.vr,ff£a); è<jtepr,a6ai.
4. Cousin a tiré des rares exemples cités la preuve que leur exégèse, comparée à celle des Alexandrins, se recommandait par plus de naturel et moins de subtilité (Voir le dernier cliapitre de ses FraymenU de philosophie
ncienne).
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le seul (léraut à reprendre dans les indications d'Olympiodore, c'est leur extrême brièveté qui excite la curiosité au lieu de la satisfaire, il faut renoncer h trouver chez ce néo-platonicien une explication de la phrase de Galien.
En revanche un autre rapprochement peut. et doit avoir ici son prix. On possédait également dans l'antiquité des « copies attiques » deDémosthène, et le fameux manuscrit S de notre bibliothèque nationale se termine par cette mention : AicopOiATai dTzb âuo 'Attixixvûv. N'est-il pas logique de penser que dans un cas comme dans l'autre nous somme:» en présence d'exemplaires provenant de la même source et tenus en assez haute estime pour servir désormais de modèles? Mais à qui les attribuer? Puisqu'il ne s'agit pas exclusivement de Platon, il est difficile ou pour mieux dire impossible de songer au platonicien Âtticus, laborieux commentateur contemporain de Marc- Aurèle,dont Eusèbeet Proclus nous ont conservé de si curieux extraits, le premier dans sa Préparation évangélique, le second dans son étude sur le Timée K Lucien mentionne comme deux (( copistes » un Callinus et un Atticus, vantant la remarquable calligraphie de l'un et la scrupuleuse exactitude de l'autre*. Pourquoi ne pas identifier cet Atticus avec Tami de Cicéron auquel il sert tout à la fois d'Aristorque, d'éditeur et de commissionnaire en librairie^? Nous savons que c'était un bibliophile des plus distingués, passionné pour toute la littérature tant grecque que latine, ayant sous ses ordres une série d'esclaves instruits, choisis avec soin et également dressés à dicter
1. Ces édilions d'Âtlicus, sur lesquelles M. Christ a lu à TAcadémic des sciences de Munich en 1882 un mémoire plein de savantes conjectures, étaient sur papyrus, non sur parchemin. Chaque ligne comptait en moyenne 35 lettres et des repères placés en marge servaient à diviser l'ensemble en fragments égaux. — Cf. Ilarpocration, 12 et 22.
2. Adv. indoct., 21 : "Ivat 6s (joi 8w a-Jrà èxsTva xsxpixsvai, ots 6 Ka».îvo; tî; xâXXo; xai 6 àotûifjio; 'Att'.xo; <tjv 6tci{xeXec2 t/j itâtrri Ypa'j^Kiev, (jol ti oçeao;. Une de nos acolies du Timée mentionne expressément une annotation (liïiffT,{ia:vE(r6ai) d'Atticus.
3. Cette identification, proposée d'abord par Schneidewin, a été acceptée par Usener {Nouvelies de lu Sociéié l'oyalc des sciences et de Wniversité de GœUingue, 1892) et par M. Weil {Journal des Savants, oct. 1892).
et à écrire les textes qu'il faisait reproduire pour répondre aux commandes des lettrés du temps ^ Reste à expliquer de quelle manière Atticus s'y est pris pour publier, comme nous en possédons la preuve tout au moins en ce qui touche Platon et Démosthëne, des éditions dont l'autorité était égale sinon supérieure à celle desjéditions d'Alexandrie. Voici l'hypothèse en somme assez plausible imaginée récemment par la critique en réponse à ce problème.
On sait qu'en matière de littérature latine Atticus avait trouvé un conseiller et un auxiliaire singulièrement précieux dans la personne de Varron et do Cornélius Népos. En matière de littérature grecque, Tyrannion parait lui avoir rendu des services analogues. Or ce grammairien avait eu à sa disposition la bibliothèque d'Aristote, confisquée par Sylla et transportée à Rome après la prise d'Athènes. Accrue dans l'intervalle de celle de Théophraste, elle contenait sans doute une copie, d'autant plus exacte qu'elle était plus ancienne, de Toeuvrc entière de Platon et de Démosthène; c'est cette copie qui aurait servi de modèle à Tyrannion pour la dictée ou la correction des exemplaires mis en vente par Atticus, et dont la supériorité se trouverait ainsi justifiée*.
Quant aux traductions de Platon en langue étrangère et notamment en latin, il en sera parlé dans une autre partie de cet ouvrage. A Rome Cicéron paraît être le premier qui ait songé à mettre quelques dialogues au moins du grand philosophe à la portée de ses concitoyens.
Un des arguments invoqués par Grote à l'appui de sa thèse nous oblige pour ainsi dire à terminer ce chapitre par une apparente digression. Aux heureuses destinées des manuscrits de Platon le critique anglais oppose triomphalement le sort déplorable de ceux d'Aristote. Quelle merveille de conservation