‹ La vie et l'œuvre de PlatonChapitre 16 sur 203 · Cf. Plutarque, Quxst. Conv., VIII · texte numérisé non relu

Cf. Plutarque, Quxst. Conv., VIII

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et Apulée : « Sunt qui Platonem angustioriprosatuconceplum dicunt. quum qua3dam ApoUinis figuratio Pcrictionae se miscuisset. » Je n'ai])as à discuter ici l'interprétation injurieuse donnée par Brucker et Gomb^s-Dounous à ce qu'ils considéraient comme une plate ineptie. — Saint Jérôme (adv. Jovin.,}) cite à son tour cette tradition : « Nec sapiontiaî principem ferunt nisi de partu Virginia oditum. »

qu'il s'agit d'un métaphysicien) que l'espèce de culte dont Platon fut l'objet dans les siècles suivants. Observons toutefois combien ici encore le génie grec a été heureusement inspiré : le dieu de l'enthousiasme poétique, de l'harmonie, de la pureté morale, celui-là même qui avait déclaré Socratc le plus sage des Grecs, méritait bien de présider aux destinées d'uD philosophe tel que Platon. C'est Apollonqui Pa engendré * : Platon vient au monde et il le quittera le jour même où Ton fêle ce dieu : après sa naissance, pendant que ses parents offrent un sacrifice à Apollon sur THymette, des abeilles viennent déposer leur miel sur ses lèvres ^. Dans la suite certaines épitaphes le désigneront comme fils d'Apollon.

L'ne autre tradition bien différente, quoique non moins singulière, nous le représente, au mépris de toutes les vraisemblances, comme aux prises dans sa jeunesse avec les privations de la pauvreté ^ Ici encore il s'agissait d'honorer sa mémoire, à une époque où le détachement des biens terrestres faisait parlie intégrante de la dignité du philosophe. Les témoignages contraires sont nombreux. Sa famille appartenait à Taristocralie athénienne, dont les révolutions populaires avaient amoindri l'influence, non détruit les richesses. Platon lui-même se donne dans Y Apologie de Socrate comme une caution solvable : ses voyages, le prix élevé auquel il paya, dit-on, certains traités pythagoriciens, sa manière de vivre et enfin son testament prouvent qu'il disposait d'une assez notable fortune, et ces diverses considérations ne sont pas seules à faire croire qu'il

1. C'est sous la môme image gracieuse, empruntée à un vers célèbre d'Homère (Iliade, J, 249) que la légende traduit l'accueil enthousiaste fait aux poésies inspirées de Pindare (Elien, XII, 45). — Cf. Valero Maxime (I, fi) : « Apcs Platonis solidas et îclernn} felicitatis indices cxtiterunt, dormientis io cuDÎs parvuli labellis mel inscrendo. Qua ro audita, prodigiorum interprètes singularem eloquii suavitatcm oro ejus emanaturam dixcrunt. > La même réflexion se lit déjà dans Cicéron {De divin., I, 78).

2. Aulu-Gelle, III, 17, — Apulée, 4, — Pluturque. Soloii, 2, — EUen, III, 27, — Suidas, etc.

3. 58 B, êyyvr,TTi; à^i6xpcu>;< Diogéno Laërce nous dit (III, 3 : ê"/opr,Yr,«i£v 'AÔTjVT.fyiv) que Platon fut chorège : or les riches seuls pouvaient supporter les frais d'une chorégie. Cf. Plut., Dion, 17, Aristide, 1.

jouissait largement de ces avantages extérieurs, que son successeur Arislote plaçait au nombre des éléments nécessaires de la [JLeyaXo^Uy^ta.

On aimerait pouvoir décrire avec quelque précision la physionomie et l'attitude extérieure du philosophe : mais sur ce point les textes anciens ne nous apportent que des indications éparses et de peu de valeur. Diogène Laêrce nous a conservé sans doute deux vers d'un contemporain*, mais il s'agit d'un poète comique très porté à railler maîtres et leçons chaque fois qu'il parle de l'Académie. Les monuments iconographiques nous laissent dans le môme embarras. Avant Alexandre les bustes et portraits d'après nature des Grecs môme les plus éminents ne sont que des exceptions : la démocratie athénienne souffrait difficilement cet honneur rendu à de simples particuliers. Plus tard les mœurs changèrent, et les statues des grands hommes devinrent l'ornement préféré des portiques publics et des bibliothèques privées^. Mais qui dirigeait alors le ciseau de l'artiste? une tradition nécessairement vague et incomplète, qui dans les détails tout au moins laissait une large place à l'inspiration personnelle ^

Dans nos musées modernes plus d'un buste portant le nom de Platon attire l'attention des visiteurs et a môme provoqué des exclamations admiratives qu'on voudrait savoir mieux justifiées. Au premier rang se place une tôte de bronze placée dans

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