‹ La vie et l'œuvre de PlatonChapitre 161 sur 203 · Voir sa Vie par C. Népos (ch · texte numérisé non relu

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2. ^expression employée par Galien (y- twv 'AiTixàiv àvriYpâ^wv exSo^rr;, et non tj 'Attixt, ou 'Amxiavr, ex^off:;) est ou complète harmonie avec cette supposition.

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d*un côlé, s*écrie-t il, quel prodige d'abandoQ de l'autre! Il ne voit pas ou ne veut pas voir que ce parallèle, si frappant qu*il soit, se retourne par un certain côté contre ses propres assertions. Les conditions absolument exceptionnelles de la transmission des écrits platoniciens nous garantissent, dit-il, la parfaite exactitude des catalogues alexandrins. Mais ces mêmes conditions, telles qu*il les énumère, ne se rencontrent-elles pas quand il s'agit d'Aristote ?

Platon a fondé une école : son rival de même. Le premier a eu pour successeurs immédiats à TAcadémie deux de ses élèves : le Lycée après la mort de son fondateur, a été dirigé pendant près d'un demi-siècle par Théophraste, le plus capable à coup sur et le plus éclairé des disciples d'Aristote. L'auteur du Phédon et du Timée n'a pas dédaigné l'érudition : Aristote a fait plus encore : il lui a emprunté une partie considérable et de sa gloire et de sa science. Les premiers péripatéticiens nous sont représentés comme des hommes de valeur et de mérite fermement attachés aux enseignements de l'école : savants et lettrés autant que philosophes. C*est au Lycée que la biographie et la bibliographie ont pris naissance, et elles n'ont pas cessé d'y être en honneur *.

Eh bien î je le demande, quel profit Aristote a-t-il/etiré de toute cette activité littéraire ? A-t-elle abouti à léguer à la postérité une édition modèle des œuvres du mattre, édition où se trouve soigneusement distingué ce qu'il a composé lui-même, ce qu'il a simplement ébauché, enfin ce que des faussaires ou des ignorants avaient cherché témérairement à lui attribuer? S'il est probable que des copies de certains traités plutôt exotériques d'Aristote circulèrent d'assez bonne heure dans la Grèce et l'Orient, il est en revanche à peu près établi qu'aucune édition un peu complète ne parut avant la découverte des manuscrits que recelait la cave de Skepsis -, et même, si

1. Au dire de Strabon, Aristote serait même le premier qui aurait mis en pratique Tart inconnu jusqu'à lui de disposer méthodiquement une bibliothèque.

2. Plutarque {Vie de Sylla, 26) affirme qu'au temps de ce dictateur les écrits

Ton eu croit certaines traditions, avant la coordination du texte

entreprise bien plus tard par Andronicus de Rhodes. Dira-

t-on que c*est l'état d'inachèvement dans lequel Aristote avait

laissé ses écrits qui a déterminé Théophraste à n'en publier

aucun ? L'argument ne vaut que pour un certain nombre, et le

désordre actuel du texte aristotélicien tient peut-être uniquement

aux altérations matérielles qu'avaient subies les manuscrits

originaux avant d'arriver aux premiers éditeurs. L'édition d'A-

pellicon, qu'elle ait compris tous les traités d'Aristote, comme

le veut Strabon, ou le plus grand nombre seulement, ainsi

que nous l'apprend Plutarque S était remplie de fautes et bien

peu digne de l'auteur de VOrganon. Qu'attendre en effet de ce

que nous appellerions aujourd'hui un fureteur, un amateur de

raretés, poussant sa manie jusqu'à dérober dans les temples

les originaux des actes publics ? En mettant la main sur les

autographes d'Aristote, il dut éprouver quelque chose de cette

joie inintelligente qui transportait Verres, lorsque une bonne

fortune lui faisait rencontrer un Myron ou un Phidias. Et voilà

comment a failli échapper à la postérité, malgré la création

d'une école qui a eu ses heures de gloire, le travail infatigable

d'un homme à propos duquel on a pu dire qu' « il y a quelque

chose de divin dans la continuité d'austères méditations que

supposent tant d'ouvrages ^. »

Si donc, et ce sera notre conclusion, Platon n'a pas eu à traverser de semblables vicissitudes, ce privilège doit s'expliquer par d'autres causes que celles sur lesquelles Grote insiste avec tant de complaisance. En tout cas, en ce qui concerne Aristote, elles n'ont pas empêché l'apocryphe de se mêler à 'authentique : de quel droit prétendre que pour Platon elles ont eu infailliblement celle salutaire et inappréciable influence?

d'Aristote n'étaient encore connus que du petit nombre dans le monde romain (o'jTTo) tÔte (Taç(î>; yvoipiiîipLsva toi; tcoàXoi;).

i. La première assertion est d'autant plus invraisemblable que, d'après la tradition, Âpellicon aurait lui-même transcrit en entier tous les manuscrits dont il était possesseur : tâche presque surhumaine, s'il s'a{3^issait do tout Aristote.

2. E. Kgger, Essai sur l'histoire de la critique chez les Grecs.

Platon, t. I. 26

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