lU, U. Utob
Athènes pouvaient passer pour synonymes. Nous en conclurons que la partie la plus importante du Ménexène est au moins contemporaine d'Aristote : en revanche toutefois, sans parler des objections relatives à Tauthenticilé du m* livre de la Rhétorique auquel est empruntée la seconde citation, il est opportun de constater qu'à cette occcasion le nom de Platon ne se trouve nullement prononcé. Ainsi ces deux textes ne nous assurent aucune garantie d'authenticité*.
Deux dialogues très importants ne sont pas cités sous leur titre par Aristote, mais il attribue plus ou moins expressément à Platon quelques-unes des théories qui y sont défendues -. Ainsi dans la Métaphysique^ , il approuve ce philosophe d'avoir distingué très judicieusement le médecin du profane, en ce qui concerne la prévision de l'avenir du malade; or cette assertion qui parait empruntée plutôt à un ouvrage écrit qu'à une leçon orale, se retrouve presque textuellement dans le Théétcte \ Il n'en est pas de même d'une autre phrase d'Aristote, blâmant certaine déûnition du mouvement donnée par son maître* : le rapprochement est ici éloigné, et il est vraisemblable que nous avons simplement affaire à une réminiscence des entretiens de l'Académie.
Au second chapitre du livre x de la Morale à Nicomaque, on lit après un résumé de Topinion d'Eudoxe sur le plaisir : « C'est par un raisonnement analogue que Platon démontre que le plaisir n'est pas le souverain bien. La vie de plaisir est plus désirable avec la sagesse, mais si le mélange de la sagesse et du plaisir est meilleur que le plaisir, il s'en suit que le plai-
I. Voir sur oo point les paj^es 145 à 148 de rouvraî^c d'Uberweg.
5. Il importe à ce sujet de remarquer qu'au iv« siècle avant notre ère, faire mention ti'un ouvrage par son titre était chose encore très rare. Les onivres ie< historieus et des orateurs n*en avaient pas, et en ce qui touclie les poète.-*. 01 omettait presque toujours d'indiquer le chant ouMa pièce que l'on oil:ùt.
;î. IV. 5. ion» 011.
4 ITSr..
\ ri7»it;Mr\<, IV, t, 1221' 2'j : çopàv Tr,v xarà tôttov xivr.T.v. ('omparoz Thré- ••.:'. lv^l 0.
sir tout seul n'est pas le vrai bien '. » L'allusion au Philèbe ne parait pas contestable : môme façon de poser le problème : même manière de le résoudre : que peut-on demander de plus ? D'autres textes aristotéliciens offrent un écho assez apparent de tel ou tel argument du Philèbe- : mais s'ils sont trop peu précis pour qu'on puisse y reconnaître autant de preuves péremptoires de TautLenlicilédu dialogue, en revanche il faut convenir à la suite de M. von Sfein qu'ils trouvent leur explication naturelle dans l'ouvrage même dont ils sont à leur tour comme le commentaire.
Pour le Sophiste et le Politique, tout ce que Ton peut affirmer, c'est que certains passages d'Arislote présentent des analogies généralement assez lointaines avec ce qu'enseignent ou ce que renferment ces dialogues. Dans deux endroits de la Métaphysique^ on lit que Platon assignait aux sophistes le nonêtre pour domaine : pensée profonde dont le développement poétique ou du moins métaphorique se rencontre dans le Sophiste* : mais à en juger par les expressions qu'emploie ici Aristote, il a bien plutôt en^vue des assertions orales, d'autant plus que pour justifier cette définition de la sophistique par le non-être il invoque des considérations fort étrangères à ce dialogue. Aurions-nous un témoignage moins incertain dans un passage du traité Sur les parties des animaux *, où Aristole blâme les classifications fondées uniquement sur des caractères accidentels et extérieurs, citant à ce propos des Y8Yp3tji.[i.Êvai SiaipÉGei; où une partie des oiseaux se trouve isolée du reste de Tespèce afin d'être rangée parmi les êtres aquatiques? Il semble à première vue que cette faute ait été commise précisément par l'auteur du Sophiste^ ^ mais à la réflexion on constate
1. il72b 28, où lo présont àva:psî semble bien indiquer qu'Aristote vise un texle écrit qu'il a sous les yeux.
2. L'un de ces textes, emprunté à la Grande Morale (II, 7), n'appartient qu'à récole d'Arislofe.
3. VI. 2, 102ib 14 et XI, 8, 1034b 29, où on lit : màTwv k'xaUv, et nxàxwv