‹ La vie et l'œuvre de PlatonChapitre 181 sur 203 · PANÉTIUS · texte numérisé non relu

PANÉTIUS

Immédiatement après le catalogue d'Aristophane, il serait naturel de parler de celui de Thrasylle : mais pour demeurer fidèle à Tordre chronologique, nous avons encore à passer en revue et à discuter un certain nombre de témoignages appartenant aux deux derniers siècles de l'ère païenne.

Le premier qui s'offre à nous est celui de Panétius, ce célèbre stoïcien que M. Martha a si justement nommé « le grand instituteur de la société romaine » K Elève non seulement de Stilpon et de Diodore, mais encore de deux scolarques de l'Académie, Xénocrate et Polémon, sans parler de Cratès le cynique, Zenon le fondateur de la secte avait pu recueillir et transmettre à ses successeurs dans le Portique plus d'un renseignement utile sur les théories et les ouvrages des divers héritiers et continuateurs de Socrate. Aussi lorsque nous apprenons * que de tous les dialogues qui circulaient sous leur nom, Panétius ne voulait reconnaître que ceux de Platon, de Xénophon, d'Antisthène et d'Eschine, hésitant au sujet de ceux de Phédon et d'Euclide, et condamnant en bloc tous les autres, ce jugement mérite d'attirer Tattention^ Au lieu des assertions confuses que nous

1. Dans un fragment découvert à Ilerculanum, l'épicurien PhiloJèmo disait de lui : ^Uv iff/upû; çiXoirXarwv xal çiXaptaTOTéXrj;.

2. Diogène Laërce, II, 64 : llàvtwv iiivxoi tûv ^Icjxpaxtxùv StaXôywv âXr,0£Ï; elvai Soxîî to'j; ID.aTwvo;, Sîvoçwvto;, 'AvTtaOévovi;, Aîd/îvou' SicToi^ei lï itepl ?â)V ^atowvo; xa\ EùxXsiSôy, to'j; Sa à>.Xouç âvaipst TtdcvTa;. Il peut paraître surprenant qu'âXr,Ocï; ait le sens « d'authentique >» : cependant le fait n'est pas sans exemple.

3. Le sens critique de Panétius se montre ailleurs encore, notamment

'Ki'fr L'ŒLVRE DE PLATON

rencontrons trop souvent ailleurs, il y a ici, chose rare dans ranli(inité, une précision rigoureuse qui d'abord séduit et s'impose. Toutefois à la réilexion certaines préoccupations se font jour. Dans un autre passage de Diogène *, nous voyons que Panélius, contrairement à Sosicrate de Rhodes, admettait comme authentiques plusieurs compositions d'Aristippe: avonsnous affaire à une contradiction de notre stoïcieo ou à une transcription inexacte de la part de son compilateur? Quelques lignes plus haut Diogène rapporte que Persée rejetait une bonne [)artie des dialogues attribués à Eschine : Panétius avait-il souscrit à cette condamnation ? Entendait-il affirmer, d'une part, que les socratiques dont il ne fait pas mention n'avaient réellement rien écrit, de l'autre, que tous les dialogues sans exception des quatre premiers qu'il nomme, et notamment de Platon, étaient authentiques 1 autant de questions (|u*il estdifficileou impossible de trancher aujourd'hui.

Mais Panétius nous intéresse encore à un autre titre. D'après un commentateur d'Aristote, il aurait osé contester Tauthenticité du P/iédon'-: la raison qui Ty déterminait était à la vérité d'une nature bien singulière; comme il soutenait que l'àme était mortelle, il ne pouvait se faire à l'idée que Platon, son idéal comme philosophe \ avait défendu, et défendu avec tant

(lîuis SCS remarques sur l'orlhographe de Platon (Euslalhe, p. 813) et dans sou appn'cialion sur les ouvrages prétendus du stoïcien Ariston (Diojf. Lacrco, VII, 104). .l'ignore ce qui a fait supposer à M. V. Eg^er que ces diverses cilalious do Panétius n'étaient pas empruntées à son traité />* se.ctes (7i€p\ a'.peT£(ov}, vaste; encyclopédie philosophique en plusieurs volume?, qui à cause de son étendue même se sera vu dans la suite préférer d'^s soinmaires d'un mérit»? bien inférieur.

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