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4. Les mêmes qui faisaient écrire à Gicéron dans une page célèbre sur la corruption des viUes maritimes : « Importantur non merces solum adventi -
qu'il arrive maintes fois aux philosophes et aux moralistes de blâmer en théorie ce qu'ils s'accordent sans scrupule dans la pratique. Au reste à l'Athénien des Lois on peut opposer le Socratedu Phédon invitant ses disciples à chercher, quand il ne sera plus, non pas en Grèce seulement, mais jusque chez les peuples barbares, et cela sans épargner ni leur or ni leurs peines, le sage qui les maintiendra dans les voies de la vérité.
Âristote et Théophraste, on devait s'y attendre, ne font aucune mention des voyages de Platon : ces deux auteurs, tout occupés de la genèse et du développement des systèmes, négligent entièrement la biographie des philosophes. Les ouvrages de Speusippe et de Xénocrate, héritiers et successeurs immédiats du fondateur de l'Académie, nous manquent. Mais pourquoi ne pas reconnaître l'écho de leurs affirmations dans les récits d'Hermippe, de Cicéron et des divers écrivains de l'époque gréco-romaine? Justement suspecte après trois et quatre siècles en matière de doctrines, la tradition mérite quelque créance quand elle conserve le souvenir d'événements d'ailleurs parfaitement vraisemblables: ici en effet nous n'avons point affaire, comme avant Platon pour Pythagore, comme après lui pour Apollonius de Tyane, à un hiérophante, à un mystagogue, à un thaumaturge, et l'absence à peu près complète de merveilleux autorise à penser que nous sommes sur le terrain solide des faits, non dans le domaine enchanté de la légende. Que si avec le cours du temps certains points sont tombés dans l'oubli, si d'autres au contraire ont été volontairement ou involontairement exagérés par l'imagination de tel ou tel narrateur, si dès lors il s'en est suivi quelque confusion dans le détail des témoignages, c'est ce qui ne surprendra aucun esprit familiarisé avec l'histoire de l'antiquité.
tisB, sad etiam mores, ut nihil posait in patriia institatia manere intogrum » (De republica, II, 4.)